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La méthanisation
: le biogaz
Maîtrisée depuis un siècle pour diminuer
la charge en matière organique des boues de station
dépuration urbaines, des effluents industriels,
et plus récemment des déchets organiques ménagers,
la méthanisation est également une voie de conversion
de la biomasse en énergie. |
Illustration ADEME
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Sur cette page :
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De la méthanisation
au biogaz |
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Le gisement valorisable
en France |
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Le biogaz, un proche parent
du gaz naturel d'origine fossile |
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Un gaz polyvalent |
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Les enjeux de la valorisation |
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Une énergie renouvelable
qui pollue lorsque l'on ne s'en sert pas |
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Méthanisation en
milieu rural |
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Le méthane-carburant |
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Les tarifs d'achat |
DE LA METHANISATION
AU BIOGAZ
Ce gaz qui sommeille dans nos déchets
La méthanisation produit :
- du biogaz, un proche parent du gaz naturel fossile
- un résidu stabilisé et désodorisé
dont la valeur agronomique nest pas altérée.
Il peut être valorisé sous forme solide (compost) ou
liquide.
La biomasse est traitée dans un digesteur dont le volume
varie de quelques centaines à plusieurs milliers de m3. La
fermentation dure de 1 à 3 semaines.
Un digesteur peut traiter des substrats homogènes ou des
mélanges, ce qui offre des opportunités pour traiter,
à léchelle dun bassin de vie, divers types
de déchets organiques (agricoles, industriels, municipaux)
tout en produisant une énergie renouvelable valorisable et
un fertilisant. Des quantités importantes de biogaz sont
également produites par les décharges de déchets
ménagers.
LE GISEMENT VALORISABLE
EN FRANCE
La méthanisation produit 500 m3 en moyenne de méthane
par tonne de matière organique dégradée.
Avec une vingtaine dinstallations par département,
le gisement potentiellement valorisable en France est de lordre
de 3,5 M Tep/an, à comparer aux 2,5 M Tep/an produit par
le gisement fossile du gaz de Lacq.
Cette estimation (SOLAGRO) prend en compte lénergie
générée - ou susceptible de lêtre
- par les digesteurs dédiés au traitement de déchets
ménagers, agricoles, de cultures énergétiques
...
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Gisement valorisable
en France en TEP/an
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nombre de
sites
|
production actuelle
|
nombre de
sites potentiels
|
production récupérable
|
| Stations dépuration
urbaines |
180
|
65 000
|
200
|
150 000
|
| Station dépuration
industrielles et industries agro-alimentaires |
64
|
64 000
|
400
|
800 000
|
| Décharges |
5
|
19 000
|
140
|
300 000
|
| Méthanisation
de déchets solides et assimilables (dont
industries agro-alimentaires) |
1
|
1 900
|
270
|
1 000 000
|
| digesteurs agricoles |
10
|
100
|
1 000
|
1 000 000
|
| TOTAL |
260
|
150 000
|
2 010
|
3 250 000
|
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LE BIOGAZ, UN PROCHE
PARENT DU GAZ NATUREL D'ORIGINE FOSSILE
Le biogaz est principalement composé de méthane
(CH4), constituant majeur du gaz naturel de gaz carbonique, et
dautres gaz à létat de traces, en particulier
lhydrogène sulfureux (H2S).
UN GAZ POLYVALENT
Le biogaz peut être utilisé brut ou épuré
(raffiné).
En France, une infime partie du biogaz produit est valorisé
sur les sites mêmes de production, en électricité
ou chaleur (cogénération) et sans épuration
préalable dans des matériels adaptés. On
peut également produire du froid et de lénergie
mécanique.
Épuré et mis en conformité avec le gaz du
réseau, le gaz peut être :
- utilisé sur les équipements standards
- distribué sur les gazoducs existants, ce qui démultiplie
le nombre dutilisateurs potentiels, ceux-ci pouvant être
désormais éloignés des sites de production.
Linjection autorise également une valorisation permanente
de lénergie, celle-ci étant stockée
par le réseau
Une épuration plus poussée permet de valoriser le
biogaz sous forme de méthane carburant, ce qui nécessite
de le comprimer à 250 bars pour réduire le volume
de stockage.
ENJEUX DE LA VALORISATION
DU BIOGAZ
- Valoriser un gaz naturel renouvelable, gaz naturel dont
nous sommes importateurs à plus de 90 %
- Réduire les émissions de gaz à effet de
serre.
UNE ENERGIE QUI POLLUE
LORSQUE L'ON NE S'EN SERT PAS
Quelque soit l'origine, le biogaz non valorisé contribue,
du fait de ses fortes teneurs en méthane, à l'effet
de serre.
L'incidence du méthane (CH4) est en effet 11 fois plus
forte que celle du gaz carbonique.
En revanche, le gaz carbonique (CO2) libéré par
la combustion du méthane issu de biogaz, n'a pas d'impact
sur l'effet de serre. Ce CO2 provient du CO2 stocké par
la matière organique lors de la photosynthèse. Il
n'y a pas " destockage " de CO2 supplémentaire,
ce qui est le cas pour les gisements fossiles, mais transfert
dans le cadre du cycle du carbone : CO2 - photosynthèse
- biomasse - méthanisation (CH4) - combustion - (CO2 +
H2O)
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Production
de biogaz
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Electrique
|
Thermique
|
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1999
|
213 GWh
|
62 kTep
|
|
2000
|
346 GWh
|
63 kTep
|
|
2004
|
444 GWh
|
55 kTep
|
|
2005
|
483 GWh
|
54 kTep
|
|
2006
|
501 GWh
|
54 kTep
|
| Production
en Tep |
1999
|
2000
|
2004
|
2005
|
2006
|
| Biocarburants |
280 000
|
335 000
|
280 000
|
379 000
|
604 000
|
| Biogaz
(tous gisements) |
104 000
|
140 000
|
207 000
|
220 000
|
227 000
|
Sources : Solagro
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METHANISATION EN
MILIEU RURAL
De nouveaux débouchés pour
lagriculture, des synergies entre communes, agriculteurs,
et entreprises...
Lidée de traiter conjointement des déchets
organiques et des plantes énergétiques, spécialement
cultivées pour leur aptitude à produire du méthane
a été avancée par SOLAGRO et étudiée
dans le cadre du programme interdisciplinaire AGRICE (agriculture
pour la chimie et lénergie). Depuis, divers organismes
développent des études sur la méthanisation
combinée.
Objectif : vérifier dans quelles conditions la méthanisation
est une alternative intéressante qui permette de résoudre
à léchelle dun bassin de vie, le problème
de la gestion des déchets organiques des communes, des
entreprises et de lagriculture (lisiers, résidus
de cultures), tout en offrant de nouveaux débouchés
aux agriculteurs .
En 1995, SOLAGRO a réalisé
léco-bilan de la filière méthane-carburant
issu de biomasse agricole afin de faire des comparaisons avec
les autres biocarburants (une plaquette présentant cet
éco-bilan a été éditée par
lADEME en 1996 : plaquette n° 2134 « méthane
carburant issu de biomasse agricole »).
METHANE-CARBURANT
Du GNV « fossile »
au GNV contemporain et renouvelable
Le gaz naturel pour véhicules (GNV) connaît un
essor sans précédent dans le monde, impulsé
par les politiques de réduction de pollution urbaine.
On compte aujourd'hui près d'un million de véhicules
fonctionnant au méthane comprimé dans le monde principalement
en Russie, en Italie, où cet usage est traditionnel, et
en Nouvelle-Zélande. La filière est en développement
rapide aux États-Unis (3 nouvelles stations de distribution
par semaine), en Argentine (parc passé de 10.000 véhicules
en 1984 à 160.000 aujourd'hui). La plupart des pays développés
et de nombreux pays du Tiers- monde lancent d'ambitieux programmes
GNV, du Canada à la Malaisie, du Brésil à
la Grande-Bretagne.
La France est restée longtemps à la traîne
, préférant miser sur les bio-carburants ou les
véhicules électriques. Mais la situation évolue.
Depuis lopération pilote de Nantes, une dizaine de
stations de distribution ont été mises en service
ces dernières années à Toulouse, Valence,
Lyon, Marseille, Lille, Paris... On compterait plus de 500 véhicules
fonctionnant au méthane-carburant, dont 3 bus.
La mise au point de techniques dépuration adaptées
au biogaz, validées dans le cadre dopérations
pilotes de démonstrations mises en place à Lille
et Tours, ouvrent des perspectives de valorisation à ce
carburant renouvelable.
Un carburant propre
Le méthane (CH4) est lhydrocarbure qui possède
la plus courte chaîne carbonée :
Par rapport aux autres carburants pétroliers, sa combustion
permet une réduction de 65 % des monoxydes de carbone et
de 30 % des oxydes dazote.
Par ailleurs, lutilisation du méthane issu de biogaz
comme carburant répond à un certain nombre de préoccupations
économiques, écologiques et énergétiques
:
- mobilisation d'une énergie renouvelable au moment
où se pose la question de l'épuisement des gisements
fossiles,
- réduction de notre dépendance énergétique
(le secteur des transports, dépendant à 96 % des
importations, consomme 54 millions de Tep / an),
- limitation des pollutions atmosphériques liées
aux rejets de biogaz non valorisés.
Le développement de la filière méthane carburant
issu de biogaz se pose désormais plus en termes de marketing
et d'industrialisation, qu'en termes de recherche et de développement.
Viabilité économique
en vue
Le coût de lutilisation du méthane issu de
biogaz est la somme des coûts de 3 opérations distinctes
: lépuration, la compression-stockage-distribution
et la conversion des véhicules.
Coûts indicatifs
- Épuration : 0,29 € par m3 pour une capacité
de 50 m3/h, 0,46 € si linstallation fonctionne au
quart de sa capacité.
- Compression - distribution - stockage : proche de 0,61 €
TTC aujourdhui - 0,12 €/m3 à terme (10 ans)
source CCPCS (Commission consultative pour la production de
carburants de substitution).
- Conversion : 2 100 € pour véhicules essence, 13
700 € pour véhicules diesel , bus ou poids lourds.
Sans tenir compte des effets macro-économiques du développement
de la filière, réduction de la facture énergétique,
création dactivités économiques nouvelles,
et rentrées fiscales, le coût du méthane carburant
issu de biogaz à la pompe peut être avant 10 ans
au niveau compétitif de 0,61 € TTC / m 3 (1 m 3 =
1 litre dessence ).
Cette page a été réalisée en collaboration
avec lassociation SOLAGRO
TARIFS D'ACHAT DU
KWH
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Filière
|
Durée
des contrats
|
Fourchette
de tarifs pour les nouvelles installations (métropole)
|
| Combustion de matières fossiles
végétales (biomasse) |
15 ans
|
4,9 c€/kWh + prime à l'efficacité
énergétique comprise entre 0 et 1,2
c€/kWh. |
| Méthanisation |
15 ans
|
4,6 c€/kWh + prime à l'efficacité
énergétique comprise entre 0 et 1,2
c€/kWh. |
| Biogaz de décharge |
15 ans
|
4,5 à 5,72 c€/kWh selon
la puissance + prime à l'efficacité
énergétique comprise entre 0 et 0,3
c€/kWh. |
| Déchets ménagers
sauf biogaz |
15 ans
|
4,5 à 5 c€/kWh
+ prime à l'efficacité énergétique
comprise entre 0 et 0,3 c€/kWh. |
| Cogénération |
12 ans
|
6,1 à 9,15 c€/kWh environ
en fonction du prix du gaz, de la durée de
fonctionnement et de la puissance. |
|
Tableau de synthèse des
tarifs d'obligation d'achat de l'électricité produite
par les énergies renouvelables prévus par la réglementation
DGEMP - Dideme - Août 2002
Adresses utiles
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