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N° : 90
- Décembre 2002 - 9ème année.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication :
André ROUX.
Rédacteur en chef : Jean GETIN
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AGENDA
Eau
Eau et rivières de Bretagne organise samedi 7 décembre
un colloque régional intitulé " azote, phosphore
: supprimer les excédents, quelles solutions pour la
Bretagne ? " avec des représentants de l'ENSAR,
du Cemagref, de la Mission interdépartementale et régionale
de l'eau, de l'Agence de l'eau Loire Bretagne, d'Attac.
Lieu : Université catholique de l'Ouest à Guimgamp.
Inscription obligatoire auprès de ERB : 02 96 21 38 77.
Prix : 15 € (adhérents) et 20 € (non adhérents)
ECHOS
LOGIE -
Économies
Nous sommes partisans des économies : Économies
d'énergie, économies dans la gestion des déchets
mais faire l'économie d'un débat sur la poursuite
du programme nucléaire, alors là, non ! Pas d'accord
!
Sortir du nucléaire ?
Le Réseau "Sortir du nucléaire"
appelle à une résistance citoyenne au niveau national
et européen.
Le Réseau "Sortir du nucléaire", fédération
de 650 associations, met au grand jour que le site de Penly
(Seine-Maritime) a été choisi par EDF pour accueillir
le nouveau réacteur nucléaire EPR, tête
de pont d'un second programme de centrales nucléaires.
Cette information figure sur un rapport confidentiel d'EDF,
signé de son président, François Roussely.
Tout est actuellement mis en oeuvre sur ce site de Haute-Normandie
pour démarrer au plus vite la construction de ce réacteur
prototype. Contrairement à ses déclarations officielles,
le gouvernement a déjà pris sa décision.
Cette information est d'ailleurs consultable sur le site Internet
du journal local "Les informations dieppoises". Vidé
de sa substance, le pseudo débat sur l'énergie
annoncé par le gouvernement pour le premier semestre
2003, destiné à donner l'illusion d'une concertation
sur le nucléaire, est donc parfaitement factice. Absolument
rien n'a donc changé depuis le lancement du premier programme
nucléaire dans les années 70. Le lobby nucléaire
continue à piétiner les principes démocratiques
élémentaires. La population aujourd'hui largement
opposée au nucléaire est encore et toujours placée
devant le fait accompli. Pour le Réseau "Sortir
du nucléaire", tout se résume à de
beaux discours destinés à endormir les citoyens
alors que le dossier de la construction d'un nouveau réacteur
nucléaire est déjà bouclé.
C'est un véritable scandale d'hypothéquer ainsi
notre avenir énergétique et environnemental pour
les 50 prochaines années. Étudié depuis
1989 et pourtant présenté par EDF comme un "réacteur
du futur", l'EPR est un réacteur du passé
comportant des risques d'accidents majeurs non négligeables
et il est particulièrement vulnérable aux attentats.
Aucun des problèmes liés aux déchets radioactifs
n'est résolu ; paradoxalement, ils sont même aggravés
dans ce type de centrale par un taux de combustion plus important
du combustible nucléaire.
Pour parvenir à réaliser la construction du réacteur
EPR, le pouvoir français et le lobby nucléaire
devront faire face à la révolte légitime
des citoyennes et citoyens courageux qui s'opposeront à
ce projet fou et antidémocratique. Le Réseau "Sortir
du nucléaire" appelle dès à présent
à une résistance citoyenne au niveau national
et européen. (Communiqué de
presse du 26 novembre 2002 du Réseau Sortir du Nucléaire)
61 % des Français voudraient pouvoir se passer du nucléaire
(Le Monde - 12 novembre 2002)
Changement de tête à la
direction de l'ADEME
Michèle Pappalardo, énarque, remplace Pierre Radanne,
écologiste, à la direction de l'Agence de l'environnement
et de la maîtrise de l'énergie. Michèle
Pappalardo a été directrice du cabinet de Michel
Barnier au ministère de l'Environnement et directeur
général de France 2.
Le budget 2003 de l'Ademe est en diminution de 30 % par rapport
à celui de 2002. Que sont devenues les bonnes intentions
affichées par le Président de la République
à Johannesburg en septembre, lors du Sommet de la Terre
?
Que sont mes promesses
devenues ?
Il est amusant de mettre en parallèle les informations
des deux précédents paragraphes avec cet extrait
du discours du candidat Jacques CHIRAC à Avranches, le
18 mars 2002, (cité dans Combat Nature - Novembre 2002).
"L'énergie est indispensable à notre société.
On a tendance à l'oublier quand elle est abondante et
bon marché. Mais, l'approvisionnement énergétique
de la France est une question stratégique. Les Français
sont en droit de savoir précisément ce qu'on leur
propose pour l'avenir et ils doivent pouvoir en débattre.
D'abord, les économies d'énergie, qui doivent
s'imposer à tous. Le gaspillage n'est pas seulement une
perte d'argent, c'est une source importante de pollution et
donc de risque pour les autres.
Ensuite, la diversification des sources d'énergie. Cessons
de regarder les énergies renouvelables avec condescendance,
comme je le constate encore trop souvent. Le solaire thermique,
l'éolien, la géothermie ou la biomasse doivent
occuper plus de place dans notre consommation d'énergie.
Toute part de marché supplémentaire pour ces énergies,
ce sera moins de pétrole, de charbon et de nucléaire.
Je veux que les technologies de l'énergie deviennent
un volet essentiel de la grande politique de recherche et d'innovation
que doivent mener la France et l'Europe.
L'énergie nucléaire doit faire l'objet d'un débat
raisonné. Elle comporte des avantages indéniables
pour notre indépendance et pour la limitation des émissions
de gaz à effet de serre.
Mais bien entendu, elle exige aussi une très grande vigilance,
notamment sur deux points essentiels : la sécurité
et les déchets. Sur la sécurité, je souhaite
qu'une loi encadre mieux les activités nucléaires
civiles. Sur les déchets, il faut préparer, par
un grand débat public, les décisions qui devront
être prises en 2006, en particulier sur la nature et les
conditions de stockage de ce que l'on appelle les déchets
ultimes. L'objectif est de ne léguer aux générations
futures que le minimum possible de plutonium et de déchets
radioactifs à vie longue, notamment grâce au tri
de déchets réalisés par le retraitement."
Le président de BP France, Michel Fabiani, a tenu un
discours très clair sur le sujet lors des rencontres
parlementaires sur l'énergie, le 11 octobre 2001 : "Le
développement durable, c'est tout d'abord produire plus
d'énergie, plus de pétrole, plus de gaz, peut-être
plus de charbon et de nucléaire, et certainement plus
d'énergies renouvelables. Dans le même temps, il
faut s'assurer que cela ne se fait pas au détriment de
l'environnement." Ouf ! Nous voilà rassurés
!
(Propos rapportés dans Silence -Octobre
2002)
Gestion des déchets
La lecture de la lettre d'information de France Nature Environnement
donne des idées pour éviter le gaspillage et faire
des économies dans la gestion des déchets.
Pîtch Bloch (ECCLA) rapporte une idée glanée
aux assises nationales des déchets à Agen : "Dès
la première table ronde du mardi matin, le président
de la FNADE (Fédération Nationale des Activités
de Dépollution et d'Environnement) évoquait le
" confort " de la collecte des déchets en France
par rapport aux autres pays en Europe et dans le monde, en indiquant
qu'un s'était habitué à des fréquences
de collectes beaucoup plus élevées qu'ailleurs.
Pour moi, c'était déjà une découverte,
mais à l'atelier n° 2 consacré aux "
nouveaux outils de gestion et de financement des déchets
", on en apprenait beaucoup plus (intervention d'Emmanuel
Chauchat, de la FNADE). Grâce à de l'informatique
embarquée sur des véhicules de collecte, on a
pu mesurer dans une localité collectée en C3 (3
passages par semaine) que 40 % des ménages ne présentaient
leur bac qu'une fois par semaine, 35% deux fois et seulement
25% les trois fois. Ainsi les bennes ne ramassaient que 185
bacs par semaine, sur 300 possibles théoriquement, soit
62%.
On voit donc qu'il y a une réelle possibilité
de réduire la fréquence des collectes sans trop
affecter la population, ce qui se traduirait naturellement par
une importante économie sur le coût de la collecte
(même si le coût n'est pas directement proportionnel
à la fréquence). Bien sûr, au nom des "
avantages acquis ", il ne sera jamais facile d'expliquer
aux administrés qu'on va réduire leur " confort
de collecte ". Mais ce n'est sûrement pas impossible
puisque cela s'accompagne d'une économie substantielle
pour la collectivité.
Nos associations peuvent trouver là un important gisement
d'économies à proposer aux élus qui mettent
toujours en avant l'argument du coût pour ne pas mettre
en place une élimination efficace des déchets
toxiques ou une bonne valorisation des biodéchets. (Actu
déchets octobre 2002 : lettre d'information de France
nature environnement)
Autre exemple irlandais de lutte contre le gaspillage. 15 centimes
d'euros, c'est la taxe que chaque irlandais doit désormais
payer pour obtenir un sac de caisse. Cette taxe mise en place
en mars a " pleinement réussi à répondre
aux objectifs fixés " a déclaré Martin
Cullen, ministre de l'environnement. De mars à mai, les
commerçants ont distribué 23 millions de sacs,
soit 90 % de moins qu'en temps normal. Non seulement la consommation
de sacs a été réduite mais l'État
a récolté 3,5 millions d'euros en 3 mois. A quand
la même initiative en France ?
(Actu déchets septembre 2002)
Bon vent !
Que n'entend-on pas dire sur les éoliennes bruyantes,
polluantes et pour lesquelles l'opinion française ne
serait pas prête (EDF dixit). L'Ademe a fait faire une
enquête près de 2500 personnes de différentes
régions plus 300 personnes de l'Aude où sont implantées
la grande majorité des éoliennes françaises.
Elle montre que 84% des Français (99% dans l'Aude) savent
ce qu'est l'énergie éolienne ; 95% (98% dans l'Aude)
sont pour le développement de cette énergie ;
69% ont déjà vu des éoliennes en France
ou à l'étranger. L'énergie éolienne
est jugée positivement sur le plan écologique
par 96% des Français, sur le plan de l'indépendance
énergétique par 89%. 86% sont favorables à
l'implantation d'éoliennes sur leur commune (même
taux pour l'Aude). 44% avancent spontanément un inconvénient
esthétique, le taux monte à 63% si cet inconvénient
leur est suggéré. Par contre, la tendance est
inversée pour ceux qui ont vu des éoliennes. Dans
l'Aude, elles sont jugées esthétiques par 55%
des sondés contre 36% au niveau national.
(Silence - Octobre 2002)
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