Centre d'Information sur l'Energie et l'Environnement
energie environnement en Bretagne : ciele, centre d'information de rennes.

N° : 86 - Eté - 8ème année.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication :
André ROUX.

Rédacteur en chef : Jean GETIN


 

AGENDA

Vacances
Fermeture du centre de documentation du Ciele du 3 au 26 août inclus. Réouverture le mardi 27 août à 14 heures

Terre & soleil
Ce n'est pas un programme de vacances mais une journée de visites organisée par le Ciele le samedi 14 septembre 2002. Au programme deux maisons en terre équipées de planchers solaires directs.
Inscription dès maintenant auprès de Catherine au 02 99 54 42 98.

Salons
Le Ciele sera présent au salon Biozone à Mur de Bretagne les 7 et 8 septembre et au " Village environnement et déplacements " organisé par la Ville de Rennes à l'occasion de la " journée sans voiture " du 22 septembre.
N'hésitez pas à passer !

VU DU CIELE

Devenez commissaire enquêteur

La création d'une activité susceptible de porter atteinte à l'environnement nécessite un accord de l'administration. Au préalable, celle-ci met en œuvre une procédure de consultation de la population dans son ensemble, appelée enquête publique. C'est le cas par exemple lors de l'extension d'une porcherie, lors de la construction d'une usine d'incinération, lors de la révision d'un plan local d'urbanisme.

Le commissaire enquêteur en est le personnage central. Il est chargé de conduire l'enquête et, à l'issue de celle-ci, de rédiger un rapport sur son déroulement (enregistrement des déclarations faites par le public) et d'émettre un avis motivé (ou conclusions) sur le projet soumis à enquête. C'est un personnage qui doit être indépendant et sans parti pris.
Le profil traditionnel est celui d'un retraité de la fonction publique (équipement, agriculture, éducation nationale, gendarmerie, armée…) ou du secteur privé (ingénieur, technicien, agriculteur…). Toute personne peut cependant exercer ces fonctions, notamment en raison de sa participation à la vie associative (art. 9 du décret du 20 juillet 1998). On rencontre malgré tout peu de commissaires enquêteurs d'origine associative.

Pour devenir commissaire enquêteur, la procédure est très simple : il faut faire acte de candidature avec une lettre et un CV auprès du Président du Tribunal administratif qui préside la commission d'élaboration de la liste départementale des commissaires enquêteurs. La date butoir est le 1er septembre de chaque année. Aucune qualification spécifique n'est exigée. Des indemnités, qui sont fonction de l'importance et de la qualité du travail réalisé sont versées : elles vont de 300 € à 1500 € pour les plus grosses enquêtes (ex : le Val à Rennes, une autoroute…)

En Ille et Vilaine, Eau et rivières de Bretagne et le Ciele sont membres de la commission de désignation des commissaires enquêteurs. En 2001, les deux associations ont fait des propositions à la commission : afin de susciter des candidatures, insérer régulièrement des avis dans les journaux quotidiens, dans les bulletins communaux, organiser des rendez-vous individuels avec les commissaires enquêteurs lors de leur demande de réinscription sur la liste d'aptitude, favoriser la désignation de femmes pour les enquêtes, mieux répartir le nombre d'enquêtes entre les commissaires, ne pas désigner de commissaires trop âgés, certains ne pouvant pas se déplacer sur le site par leur propre moyen de locomotion ( ça arrive, ils font appel au pétitionnaire !). Autre problème soulevé : le règlement des indemnités dues au commissaire enquêteur directement par le Maître d'ouvrage (pas facile de récupérer son dû quand l'avis donné est défavorable !).

En 2000, dans le département d'Ille et Vilaine, 248 commissaires ont été désignés pour des enquêtes. En Bretagne cela représente 1295 désignations, ce qui en fait une des régions les plus importantes de France : la raison tient au très grand nombre d'élevages d'animaux.
Deux ouvrages, disponibles au centre de documentation du Ciele ont aidé à la rédaction de cet article : " protection de l'environnement : guide juridique à l'usage des associations " de Xavier Braud (par ailleurs adhérent du Ciele) et " 24 mois de fonctionnement du CDH " de Jean François Piquot

ECHOS LOGIE - Questions de climat !

Fin août, 10 ans après celui de Rio, le 2ème sommet de la terre aura lieu à Johannesburg. Mais si le premier sommet a permis de mettre les problèmes sur la place publique mondiale, les résultats, dans l'ensemble, se font toujours attendre.

Après Rio, ce n'est pas tout beau !

Dix ans après le sommet de Rio, Alternatives Économiques, dans son n° de Juillet-Août 2002, présente un bilan. En résumé, si chacun s'accorde sur les principes, les volontés manquent pour les traduire en actes. Exemple : le réchauffement climatique. La concentration en CO2 dans l'atmosphère a augmenté de 30 % depuis l'ère préindustrielle. Les causes : l'augmentation de la production d'énergie pour 28 %, l'activité industrielle pour 24%, la déforestation (20 %), les transports (16 %)... Pour stabiliser la situation climatique, il faudrait diviser les émissions par 2 ou 3 !
Même chose pour la diversité biologique : 11 000 espèces sont menacées d'extinction et 800 ont déjà disparu. Pareil pour l'eau : aujourd'hui 70 % des volumes d'eau consommés le sont par l'agriculture et une augmentation de 40 % est prévue pour les 20 prochaines années. Or la ressource n'est pas infinie et la moitié des grands fleuves sont pollués.

Sur le front de la pauvreté, la proportion de gens subsistant avec moins d'un dollar par jour est passée de 29 % en 1990 à 23 % en 1998 mais cela ne représente qu'une baisse de 1,3 à 1,2 milliards de personnes et en Afrique, 1/3 des habitants sont sous alimentés. Quant à la santé, si le taux de mortalité des enfants en dessous de 5 ans a diminué (sauf en Afrique!), ils sont quand même 20 % à mourir dans les pays pauvres contre 1 % dans les pays riches. L'espérance de vie a même reculé de 3 ans en Afrique (de 50 à 47 ans). En cause, le sida (96 % des séropositifs sont au Sud) mais aussi l'insalubrité de l'eau et les mauvaises conditions d'hygiène.
Enfin, le nombre d'enfants fréquentant l'école primaire a augmenté mais ils sont encore 110 millions à ne pas pouvoir le faire.

Globalement, le contrat signé à Rio n'a pas été respecté : les pays riches devaient prendre des mesures contraignantes en faveur d'un développement viable et aider financièrement les pays moins avancés à suivre ce modèle. Or, ils ont continué les modes de développement destructeurs de l'environnement et des ressources naturelles. Alors qu'ils ne représentent que 20 % de la population mondiale, ils produisent et consomment 85 % des produits chimiques synthétiques, 80 % de l'énergie commerciale, 40 % de l'eau douce et leurs émissions de gaz à effet de serre par habitant sont 10 fois plus élevées que celles des pays pauvres. Les pays du Sud qui ont réussi à améliorer le niveau de vie de leurs habitants (Asie) l'ont fait sur le même modèle de développement destructeur de l'environnement.
L'aide des pays riches qui devait atteindre 0,7 % de leur PNB dépasse à peine 0,2 %.
Rio a cependant permis la reconnaissance du concept de développement durable et a permis des négociations mondiales sur le climat, la biodiversité… Et si les États ont du mal à trouver un consensus, des pratiques innovantes se développent au niveau régional ou local. Mais les résultats ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Savants fous !

Selon le principe bien connu, "encore plus de technologie pour résoudre les problèmes créés par la technologie", des industriels et des multinationales du charbon et du pétrole financent des recherches pour faire disparaître le CO2, non pas à la source, mais plutôt comme on cache la poussière sous le tapis! Le Monde Diplomatique, n° de juillet 2002, nous rapporte la chose.

Voici les quatre techniques qui font l'objet des recherches les plus poussées.

1) On enferme le CO2 dans des cavités souterraines. Cette technique est déjà expérimentée dans des forages pétroliers ou gaziers. Pas pour des motifs environnementaux, mais pour maintenir la pression dans les forages et extraire le maximum d'énergie fossile.

2) On enferme le CO2 au fond des océans. Le gaz, récupéré à la source d'émission, est envoyé par pipelines sous les océans, à une profondeur de 1500 à 3000 m, où il est liquéfié par la pression des eaux et s'étale au fond. Rien ne dit qu'il y restera et qu'il ne se déplacera pas. On ne connaît pas non plus les incidences sur la chaîne alimentaire et l'avenir des poissons et des barrières de corail, notamment dans les mers du Sud où des expériences seraient en cours.
Ces deux techniques sont voraces en énergie : il faut capter le CO2, le comprimer, le transporter sur le site d'enfouissement, l'injecter…

3) On piège le CO2 dans les plantes. Le principe de plantation de vastes forêts dans ce but a été admis par la conférence de Marrakech. Les entreprises comptent sur ces "puits de carbone" pour améliorer leur image de marque. Mais les Japonais auraient travaillé à la recherche d'arbres génétiquement modifiés pour piéger encore plus de carbone et ils travaillent sur des plantes génétiquement modifiées capables de reverdir les déserts.
On peut également piéger le gaz dans les algues de l'océan. Mais comme, faute de nutriments, certaines zones ne sont pas riches en algues, de la poussière de fer sera répandue sur quelques km² afin de favoriser leur prolifération. De petites expériences, dirigées ou non par des scientifiques, ont déjà été faites. Un ingénieur américain a créé une entreprise dans le but de mener une expérience sur 10 000 km². Il propose de fertiliser 150 000 km² d'océan avec 250 000 tonnes de flocons de fer pour absorber tout le carbone que les États-Unis rejettent. Une autre société propose que les navires commerciaux soient équipés pour rejeter le fer aux bons endroits de l'océan. Et chacun de rêver des bénéfices financiers qu'il pourra tirer de l'exploitation de son procédé. Rien ne prouve que le gaz stocké par les algues le soit durablement et on est pas sûr que les effets resteront limités localement. C'est un point de vue partiel qui ne prend pas en compte la vision globale des microbiologistes et des océanographes.

4) Pour diminuer l'effet de serre, on diminue le rayonnement solaire reçu par la terre en répandant dans la haute atmosphère de fines particules (aérosols) faisant écran. Les avions de ligne pourraient se charger du travail. Un climatologue s'inquiète : "On ne va pas résoudre le problème, on va modifier le monde autrement. D'autant que les aérosols génèrent des pluies acides."

Tous ces projets sont portés par des considérations économiques. Mieux vaudrait remettre en cause les modes de production industriels et les habitudes de consommation occidentales.




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