Centre d'Information sur l'Energie et l'Environnement
energie environnement en Bretagne : ciele, centre d'information de rennes.

N° : 84 - Mai 2002 - 8ème année.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication :
André ROUX.

Rédacteur en chef : Jean GETIN


 

AGENDA

Bioconstruction
La Fédération Keryac'h, dont le but est de promouvoir des lieux de vie sains et écologiques en Bretagne, organise un forum sur les avancées de la bioconstruction, le samedi 18 mai, Amphithéâtre Leurenn Glenmor à Carhaix.
Au programme : visite de chantiers à 9 h, déjeuner bio à 12 h, conférence sur la bioconstruction à 13 h avec débat à 18 h.
Coût 16 € (13 € en plus pour le repas).
Renseignements et inscriptions : Keryac'h - Kergaoueneg - 29520 St Goazeg
Téléphone : 02 98 26 83 54

Ferme ouverte
Agro bio organise une opération ferme ouverte, le 26 mai après-midi au Poirier sous Geslin, à Erbrée, dans la ferme de Dominique Fourmond. On pourra voir comment marche une ferme en bio et comment on peut maîtriser l'énergie.

Nocturnes
La Maison de la Consommation et de l'Environnement, Bretagne Vivante SEPNB, la Ligue de Protection des Oiseaux et Eau et Rivière de Bretagne organisent une sortie nocturne, le vendredi 24 mai, de 20h30 à 23h30, en forêt de Rennes, afin de découvrir les oiseaux de nuit et les chauves souris. Soirée grand public et enfants à partir de 10 ans.
Tarifs : adultes 2 €, enfants: 1 €.
Inscriptions : MCE - 48 bd Magenta - Rennes
Téléphone : 02 99 30 35 50

Et l'eau !
Le groupe inter associatif des vallées de la Flume et de la Vaunoise organise un cycle d'animations et d'informations liés à l'eau dans notre environnement quotidien "Et l'eau alors…2002
Expositions :
La Chapelle des Fougeretz du 18 au 24 mai au foyer logement de la Hubaudière et du 27 au 31 mai à l'école Georges Martinet ; d'autres expos en juin à Pleumeleuc, St Gilles et Clayes.
Animations :
St Gilles le 24 et 25 mai portes ouvertes à la station d'épuration ; Pleumeleuc, le 2 juin à 14h à la mairie, randonnée découverte de la Vanoise et des lagunes ; autres animations en juin à Pleumeleuc et la Chapelle des Fougeretz.
Débats/conférences :
à St Gilles et Clayes au mois de juin

Formations
L'Ademe organise des formations pour les professionnels :
Photon :
Mise en œuvre et suivi des systèmes photovoltaïques du 17 au 21 juin ou du 23 au 27 septembre à Sophia Antipolis (Alpes maritimes).
Grand éolien :
Analyse globale des projets de parcs éoliens raccordés au réseau du 3 au 7 juin ou du 30 septembre au 4 octobre au Domaine de Lastours dans l'Aude.
Éole :
Mise en ouvre des systèmes de parcs éoliens pour l'électrification des sites isolés du 9 au 13 septembre au Domaine de Lastours.
Renseignements : Ademe, Thérèse GIORDANO
Téléphone : 01 47 65 22 15
Fax : 01 46 42 54 53


VU DU CIELE

Guide
Un guide d'écologie intitulé "Génie écologique des fluides urbains" est accessible en ligne à l'adresse : www.chez.com/vassallucci

Agir Pour l'Environnement
Vous pouvez recevoir le Mail-hebdo d'Agir Pour l'Environnement et vous tenir informé des campagnes en cours en vous inscrivant sur le site www.globenet.org/ape/

ECHOS LOGIE - Faut-il vous l'emballer ?

En juillet 2002 arrive le terme fixé par la loi de 1992 sur la mise en place et le traitement des déchets. Ou en est-on? Les objectifs sont-ils tenus et qu'en est-il des emballages qui continuent à envahir notre quotidien.

Déchets mal traités

La loi de juillet 1992 sur les déchets donnait dix ans pour réduire les quantités produites, fermer les décharges sauvages, mettre les incinérateurs aux normes et développer le recyclage.
L'échéance de juillet 2002 arrivant, le réveil est brutal.
A Paris, la nouvelle municipalité met en place progressivement un nouveau système de collecte qui devrait permettre de recycler 30% des déchets fin 2003. Mais actuellement 150 000 tonnes seulement sur les 1 250 000 tonnes collectées font l'objet d'un tri. Marseille continue de déverser 1200 tonnes de détritus par jour dans une décharge et le projet d'incinérateur lancé en 1995 n'a toujours pas vu le jour.
A moins de 6 mois de l'échéance, il reste 6000 décharges sauvages, 40 incinérateurs hors normes et 20 millions de Français qui ne sont pas équipés pour le recyclage. Et la quantité de déchets ne baisse pas et vient même de franchir la barre de 1 kg/jour/personne.

Les plans départementaux d'élimination des déchets ménagers devaient être élaborés avant fin 1996. Devant le peu d'empressement sur le terrain, en 1998, D. Voynet alors ministre de l'environnement avait lancé un coup de semonce. En 2002, plusieurs plans ne sont pas validés, d'autres ont été établis à la va-vite ou font l'objet de contestations devant les tribunaux. La loi de 1992 ne prévoyant pas de contraintes et les prix de l'incinération ou du tri étant plus élevés, respectivement deux fois et trois fois celui de la mise en décharge, les collectivités locales ont intérêt à maintenir le statu quo. La loi n'autorisant que la mise en décharge des déchets ultimes, c'est-à-dire ceux qui ne peuvent être traités dans la situation économique et technologique du moment, les réfractaires profitent du flou de cette définition, d'autant plus qu'une circulaire a précisé que la définition du déchet ultime serait fonction des conditions locales. (Le Monde - 08/02/2002) Même constat dans Que Choisir (n° 393 - mai 2002).

En 1992, 55% des ordures ménagères collectées allaient en décharge, 50% aujourd'hui. La production d'ordures ménagères a augmenté de 1,3% pendant cette période. La redevance spéciale instituée par la loi de 1992 auprès des commerçants, artisans, professions libérales, administrations et PME, qui devait permettre de leur facturer l'enlèvement de leurs détritus jusque là payé par les ménages, a été mise en place par 3% des communes seulement.

Le directeur de la DRIRE Pays de la Loire peut dire : "La gestion des déchets s'est professionnalisée. La sensibilisation des Français à la collecte sélective a eu lieu. Mais, malgré ces bons points, nous n'avons pas réussi. L'urgence de 1992, c'était de réduire les déchets ménagers. Or, loin de diminuer, ils progressent. Les campagnes d'information ont donné au citoyen l'impression que s'il triait et recyclait, il faisait le maximum. On n'a pas fait le moindre effort pour lui expliquer que s'évertuer à jeter moins devrait être son réflexe premier".

Au ministère de l'Environnement et à l'Ademe on met en avant les acquis. 45 millions de Français trient leurs déchets, l'immense majorité des incinérateurs est aux normes, le nombre de déchetteries est passé de 600 à 2 500 et il y a aujourd'hui 250 centres de tri contre un seul en 1992. Cependant, la gestion des déchets est loin d'être satisfaisante : une poubelle courante, c'est 30% de déchets organiques, 25% de papier, carton, journaux, magazines et prospectus, 13% de verre, 11% de plastiques, 4% de métaux et 17% de déchets divers non classables, soit en tout 30% de compostables et 50% de recyclables. Or, dans le traitement, le compostage ne représente que 7% et le recyclage 12%. Ce sont les décharges et surtout la surcapacité de l'incinération qui font du tort aux autres traitements. Bien que D. Voynet ait fixé en 1998 la part de la valorisation matière (compostage et recyclage) à 50% du total des déchets ménagers et assimilés, on est encore loin du compte.

Les ménages continuent à payer pour les professionnels et financent 20% du total qui ne sont pas des ordures ménagères. La part de ces déchets peut atteindre 30% dans les grandes agglomérations. Rien n'est fait pour inciter à réduire les quantités. Que l'on jette peu ou beaucoup n'influe pas sur le montant de la taxe. Les entreprises industrielles qui paient l'élimination à la tonne ont réduit leurs déchets. Les ménages, eux, sont taxés en fonction de la valeur locative de leur logement. Les slogans des campagnes de tri ont incité à "jeter utile" alors qu'il aurait fallu "jeter moins". Le ministre de l'environnement, Y. Cochet, a lancé un nouveau mot d'ordre en février dernier : "10% de moins sur 10 ans". Plus le déchet coûte cher, moins on en produit : les industriels qui mettent des emballages sur le marché devraient payer plus et les citoyens qui trient et réduisent leurs déchets devraient payer moins.
Justement, qu'en est-il actuellement du problème des emballages ?
Chaque année, on en jette 89 milliards à la poubelle, soit presque 5 millions de tonnes.

En 1992, Eco-Emballages doit permettre la mise en place de la collecte sélective et du tri dans les communes en recueillant des fonds prés des industriels qui produisent les emballages. 10 ans après, les communes ne s'y retrouvent pas! En 2000, Eco-Emballages ne leur a reversé que 18% du coût total de traitement des emballages ménagers. En 2001, le montant total apporté par les organismes agréés est de 30% ; c'est mieux, mais le reste est à la charge du contribuable. Jusqu'en 2000, les industriels ont versé à Eco-Emballages 1 centime de franc par emballage, une des contributions les plus faibles d'Europe. Pour une bouteille en plastique, la contribution était de 29 centimes en Allemagne, 21 en Autriche, 7 en Belgique et 2,2 en France. En avril 2000, la contribution des industriels est passée à 2 centimes par emballage et à presque 4 le mois dernier. Mais c'est encore insuffisant. Ce n'est pas la tonne de déchets triée, détournée de la décharge ou de l'incinération par les collectivités locales qui est aidée financièrement mais seulement la tonne utile de matériau préparée pour son réemploi par les professionnels. Les collectivités locales jouent le rôle de prestataires pour le monde industriel. Une partie des cotisations collectées par Eco-Emballages repart vers le monde industriel pour le financement des filières de matériau et de la recherche industrielle.
Avant 1992, le centre de tri de Dunkerque revendait la tonne de verre collectée 250F. A sa création, Eco-Emballages a fixé le prix à 150F. L'industrie du verre bénéficie de la baisse et récupère ainsi une partie de sa cotisation. Eco-Emballages rétorque que cela permet aux élus d'écouler les matériaux triés même si les cours s'effondrent. Quant à l'efficacité économique du système, G. Bertolini, économiste spécialiste de la gestion des déchets, précise que si on enlève le verre collecté depuis très longtemps et les journaux/magazines qui ne relèvent pas du système emballages, le coût de la tonne triée est de plusieurs milliers d'euros, ce qui est cher. Les industriels portent leurs efforts sur l'allègement des emballages ce qui favorise les plastiques et les matériaux complexes. Ce sont ceux qui sont le moins facilement recyclables et qui sont les moins recyclés.
Les dernières directives européennes laissent au producteur l'entière charge de ses déchets ; leur élimination doit être prévue et financée dès la mise sur le marché.



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