Centre d'Information sur l'Energie et l'Environnement
energie environnement en Bretagne : ciele, centre d'information de rennes.

N° : 79 - Décembre 2001 - 8ème année.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication :
André ROUX.

Rédacteur en chef : Jean GETIN



VU DU CIELE

Énergie

Le Ciele vient d'éditer un livret pédagogique "Découvrons l'énergie dans la ville" à l'attention des enfants en classe de CM ainsi que le guide enseignant qui l'accompagne. Un exemplaire peut être transmis à toute personne intéressée contre 11,50 F en timbres.
Contact : Nicolas, au Ciele - 02 99 54 42 98

 

ECHOS LOGIE - Du soleil et du vent !

Du soleil et du vent, deux éléments naturels inépuisables (pour quelques millions d'années encore ! ) qui peuvent être utilisés pour produire de l'énergie. Nous vous présentons deux réalisations, en Bretagne et dans la région parisienne, qui ne demandent qu'à se multiplier.

Un nouveau souffle sur la Bretagne ? Des bretons sur le modèle danois...

Nous allons vous rapporter ici l'histoire de quelques bretons téméraires, adeptes du vent... Dans cette région, où de nouveaux moulins à vent arrivent progressivement dans les paysages, des agriculteurs et des ruraux ont saisi l'opportunité de l'éolien pour maintenir des campagnes vivantes par un développement durable et solidaire... Ils ont également relevé le défi de la participation des habitants...

A la lisière des deux communes de Saint-Thégonnec et Pleyber-Christ, à une dizaine de km au Sud-ouest de Morlaix, deux acteurs locaux, un GAEC (Groupement Agricole d'Ex-ploitation en Commun) de Saint-Thégonnec et un entrepreneur, résident de Pleyber-Christ, ont initié un projet d'implantation d'éoliennes.
Le GAEC évolue en système laitier et regroupe cinq agriculteurs. Au regard des difficultés que connaît actuellement la filière et des incertitudes quant à l'avenir (disparition progressive des quotas laitiers), ces derniers ont souhaité diversifier leur activité en devenant producteur éolien. Les membres du GAEC espèrent notamment par ce biais améliorer leur qualité de vie à la fois en terme de revenu et de temps de travail.
Conçu d'abord comme une démarche collective, ce projet repose sur une participation active des forces vives du territoire, élus, agriculteurs, associations et " habitants acteurs ". Avel Pen ar Bed a ainsi proposé la mise en place d'une ZEFE *.

* La ZEFE est une zone d'accueil énergétique qui permet de définir un secteur offrant la possibilité à un ou des investisseurs potentiels d'implanter une ou plusieurs éoliennes. Cette démarche nécessite au préalable la réalisation d'études économiques, techniques et environnementales. Surtout, le concept de ZEFE implique un fort engagement des populations locales et suppose la mise en œuvre d'actions de consultation et d'un processus concertation avec les différents acteurs locaux. Un cahier des charges d'implantation est établi au terme de la démarche de concertation et précise les conditions d'accès au site (points possibles d'implantation, taille des machines, design, garanties financières et techniques…).

La caractéristique principale du projet réside alors dans le processus participatif mis en œuvre tout au long de la phase d'étude du projet qui répond alors à une logique de développement local. Le développement local consistant à faire de chaque habitant un acteur du développement, le projet a donc été progressivement monté en étroite rela-tion avec les acteurs locaux, qui ont notamment pu discuter des choix d'aménagement. La volonté de participer concrètement au projet s'est rapidement exprimée. Elle a été rendu possible grâce à la création d'un groupe de suivi rassemblant différentes personnes concernées de près ou de loin par ce projet. Ces personnes ont notamment pu choisir le nombre et la disposition des éoliennes qui prendront place sur leurs communes.
Le résultat du processus de concertation a été au delà de nos espérances : au fil des échanges initiés au sein du groupe de suivi, les différents acteurs locaux se sont réellement appropriés le projet, à tel point que de nombreuses personnes ont exprimé l'idée de financer, collectivement, l'une des éoliennes du projet...
L'idée de monter une structure permettant de regrouper plusieurs investisseurs participant au financement d'une éolienne s'est alors progressivement transformée en une réelle volonté de prendre part financièrement au projet.

Si ce mode de propriété collective est une pratique courante chez nos voisins européens, elle constitue une première en France. Pourtant, l'implication financière des populations aux projets éoliens permet d'en faciliter l'acceptation au niveau local, ce qui constitue certainement l'une des clés du développement de la filière éolienne dans notre pays.

Ce projet est novateur à plusieurs titres :

- C'est un projet de diversification agricole.
Pour le GAEC, l'investissement dans un projet éolien constitue une diversification originale de son activité. L'exploitation du vent lui générera un revenu d'appoint, à l'image des agriculteurs du nord de l'Europe ou d'Allemagne, qui participent activement au développement de la filière éolienne dans ces pays (ce sont ainsi plus de 250 MW qui ont été implantés par les seuls agriculteurs danois sur l'année 2000). Dans ces pays, il n'est pas rare de voir les éoliennes côtoyer les exploitations, les agriculteurs se définissant eux-mêmes comme des "gestionnaires des ressources naturelles". Cette logique de diversification a été suivie par un certain nombre d'agriculteurs devenus membres de l'éolienne coopérative.

- Un investissement collectif.
L'investissement collectif au projet, amorcé par la coopération entre un entrepreneur local et un GAEC qui lui même regroupe cinq agriculteurs a été confirmée par le choix de réserver un emplacement à une éolienne coopérative. Cette volonté permet à chacun de participer concrètement au projet et de bénéficier des retombées économiques et sociales de ce dernier. Il s'agit là encore d'une innovation en France. Au Danemark, plus de 100 000 familles sont ainsi membres de coopératives éoliennes. Dans le cadre de ce projet, ce sont une cinquantaine de personnes qui financent cette éolienne. L'approche participative a permis d'anticiper les réactions liées aux différents impacts générés par un projet éolien et de donner au projet une dimension locale, endogène, source d'appropriation et par là même d'acceptation.

Ce projet expérimental permettra, nous l'espérons, une prise de conscience des possibilités d'investissement local. Nous avons trop tendance à croire que les capacités d'initiative en milieu rural sont limitées. Or, la société rurale est animée. Si l'agriculture a été gaspilleuse et destructrice, elle était, auparavant, " gardienne et jardinière " pour reprendre une formule chère à Edgard Pisani. Au-delà des intérêts marchands, le développement de projets éoliens financés localement recèle en effet des intérêts sociaux, politiques, culturels et territoriaux. Cela peut être l'occasion de sauvegarder un milieu vivant, de promouvoir des solidarités de proximité, c'est à dire donner un sens à la société locale, tournée vers des finalités nouvelles. Nous sommes convaincus que l'énergie éolienne peut répondre pleinement à la promotion des dynamiques collectives et favoriser les modes de financement décentralisés. Si l'agriculture n'est plus l'activité maîtresse exclusive de l'espace et de la société rurale, elle les caractérise toujours et leur donne un sens. La filière éolienne peut constituer aujourd'hui une nouvelle opportunité de diversification des activités agricoles traditionnelles. La " crise " agricole actuelle est aussi une crise des valeurs et des sens : l'un des enjeux majeurs réside dans la capacité à dessiner l'avenir et pas seulement à accepter le déclin. L'éolien peut y participer... (Texte écrit par Avel Pen Ar Bed)


Toit bleu à Montreuil

En Ile de France, à Montreuil précisément, une centrale photovoltaïque raccordée au réseau, d'une puissance totale de 22 kWc (soit environ 220 m²) vient d'être inaugurée par Yves Cochet, ministre de l'aménagement du territoire et de l'environnement. Cette installation désormais la plus importante en France (le record était de 11 kWc dans la Drôme), va donc produire environ 20 000 kWh d'électricité qui vont pourvoir en totalité à l'alimentation électrique de la plate-forme bureautique des bureaux d'une pépinière d'associations (dont le Cler, le Rac, Inf'Ogm…).
Une proportion importante des communs du bâtiment sera également alimentée ce qui permettra une baisse sensible des charges d'exploitation.
Cette opération de 1 000 0000 francs (soit 152 670 euros) a été financée par l'Union Européenne, l'ADEME, la région, le département, l'OPHLM de Montreuil et Greenpeace dans le cadre de sa campagne " Branchez-vous soleil " !
Maintenant, quand vous irez à Paris, après avoir pris le bateau mouche, visité Orsay et Le Louvre, vous prendrez le métro ligne n° 9, vous vous arrêterez à " croix de Chaveau " vous sortirez place du marché, que vous traverserez en montant et vous découvrirez un peu plus haut, cet impressionnant toit bleu… au cœur d'une ville rouge !

Crédit d'impôt et énergies renouvelables

Conditions d'attribution
Ce crédit d'impôt concerne les dépenses liées à l'acquisition d'équipements de production d'énergie utilisant une source d'énergie renouvelable, ces équipements étant installés dans l'habitation principale du contribuable. Ces dépenses d'acquisition doivent être réglées par le contribuable entre le 1er janvier 2001 et le 31 décembre 2001 (pour 2002, l'application de ces dispositions est à vérifier). Les travaux doivent être réalisés par une entreprise qui fournit ces équipements, les installe et les facture. Le crédit d'impôt est ouvert quelle que soit l'année d'achèvement de l'habitation principale du contribuable.

Liste des équipements éligibles - liste limitative
- Équipements de chauffage et de fourniture d'eau chaude sanitaire fonctionnant à l'énergie solaire,
- Systèmes de fourniture d'électricité à partir de l'énergie solaire, éolienne, hydraulique ou de biomasse,
- Pompes à chaleur autres que celles installées dans un immeuble com-portant plusieurs locaux,
- Équipements de chauffage ou de production d'eau chaude fonctionnant au bois ou autres biomasses tels que les poêles, les foyers fermés, les inserts de cheminées intérieures et les chaudières autres que celles installées dans un immeuble comportant plusieurs locaux.

Montant
Le taux de ce crédit d'impôt est de 15 % des dépenses nettes plafonnées correspondantes (pièces et fournitures destinées à s'intégrer ou à constituer, une fois réunies, l'équipement de production d'énergie utilisant une source d'énergie renouvelable. Est exclue la main d'oeuvre correspondante. Le plafond est de 4 000 eu-ros (personne seule) ou de 8 000 euros F (couple), montants auxquels s'ajoutent : 400 euros / 500 euros / 600 euros par enfant à charge (selon le rang de cet enfant). Ces plafonds sont relevés à partir du 1er octobre 2001.




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