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N° : 72
- Avril 2001 - 8ème année.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication :
André ROUX.
Rédacteur en chef : Jean GETIN
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AGENDA
Eau en Bretagne
Manifestation régionale à Lamballe, le 14 avril 2001 à partir
de 15 heures, à l'appel de Eau et Rivières de Bretagne et du
Collectif des victimes de la pollution des bassins versants,
pour "exprimer le raz le bol de tous les citoyens et leur exigence
d'un changement profond de la politique de l'eau en Bretagne".
Venez nombreux !
Pesticides
La Mce, le Ciele et Erb ont créé un diaporama sur les effets
des pesticides sur la santé et l'environnement : 30 diapositives
accompagnées d'un texte pour sensibiliser le jardinier amateur
à ces questions. Ce diaporama sera présenté par le Ciele aux
adhérents de la Société d'horticulture de Rennes le 13 mai.
Il est par ailleurs disponible auprès de la Mce au prix de 200
F + frais de port.
Contact : Mikaël Laurent au 02 99 30 79 30.
Réconciliation? : "Économie - écologie,
la nécessaire réconciliation".
Conférence animée par Jean Claude Pierre, porte parole du Réseau
Cohérence, le mardi 17 avril à 20 heures à l'Archipel (angle
des rues du 41ème RI et A. France)
Salon bio et environnement à Romagné
(près de Fougères), le 8 avril de 10 h à 19 h. Conférence sur
l'effet de serre et le réchauffement climatique et démonstration
de chauffage au bois automatique.
Contact : BTS action commerciale du lycée Notre Dame des Marais
(Fougères) et La Passiflore
Tél : 02 99 99 23 45
VU
DU CIELE
Occasion à saisir!
Georges Castarino à La Rochelle - ( 05 46 50 99 52 ) - vend
50 capteurs solaires de marque S2E d'environ 10 ans d'âge, d'une
surface de 0,5 m2 (seuls les flexibles de liai-son sont à refaire),
un cadre aluminium pour support de capteurs, un ballon de stockage
de 2000 litres de marque Charot.
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ECHOS
LOGIE -
Ras la poubelle !
Ca bouge du coté des déchets. Pénélope Vincent-Sweet, administratrice
du Ciele, fait part des expériences en cours dans le traitement
de la partie fermentescible des déchets.
Ils sont "bio", mes déchets
Maintenant que le tri des ordures ménagères est bien avancé
du côté des emballages, il est plus que temps de se pencher
sérieusement sur le devenir de la fraction fermentescible (organique
/ biodégradable) de la poubelle. Si 75% des emballages et des
papiers sont recyclés, plus de la moitié de la poubelle résiduelle
sera biodégradable (déchets 'de cuisine', plantes d'intérieur,
papier ou carton souillé,...).
Bonne nouvelle : l'ADEME s'y met sérieusement, cherchant à combler
son retard. Au récent congrès de France Nature Environnement
sur la prévention et la gestion soutenable des déchets, Pierre
RADANNE a consacré plus de la moitié de son discours aux biodéchets.
Cela fait bien longtemps que le CIELE travaille sur le compostage
individuel ("Mille composteurs à Rennes" fut un programme pionnier
dans l'Ouest). C'est la solution de premier choix puisque les
déchets n'arrivent pas jusqu'à la poubelle. Mais elle nécessite
un gros investissement en terme de communication pour encourager
les habitants à le faire, à bien le faire, et à continuer à
le faire. Dans les pays anglosaxons, en Autriche, en Suisse,
on a réussi à faire participer plus de la moitié de la population
visée, mais en France on n'a nulle part, à ma connaissance,
"mis le paquet" (les opérations en cours ne dépassent pas actuellement
20 % de la population résidant en pavillon). On a parfois l'impression
que les collectivités se lancent dans un programme de compostage
individuel pour prouver que cela ne peut pas marcher. Au Canada
il y a des villes où jusqu'aux trois-quarts des ménages pratiquent
le compostage à domicile, détournant jusqu'à 20% des ordures
ménagères. En Italie, deux opérations ont réussi à détourner
50% à 70% de la FFOM, donnant une réduction globale des OM collectées
de 16 à 23% *1. Ceci sans distribution
de composteurs, mais en couplant une information sur le compostage
avec la mise en place d'une tarification ordures ménagères réduite
pour les ménages pratiquant le compostage.
Mais le meilleur programme de compostage individuel ne touchera
pas toute la population, surtout en ville. Il faudra donc se
mettre à collecter les biodéchets, comme à Niort, collectivité
phare en la matière. L'ADEME a lancé en 2000 le programme QUALORG
qui soutient et suit la collecte des biodéchets sur 8 sites
pilotes. Mais saviez-vous qu'à Niort seulement 5% des déchets
collectés sont alimentaires? La collecte est vite assimilée
à une collecte de déchets verts (95 % du total collecté), avec
deux inconvénients :
1) on oublie d'y mettre les déchets de cuisine, et
2) la quantité de déchets collectés augmente de façon importante.
Ce dernier point est confirmé par tous les programmes de collecte
de déchets verts.
Avec l'ouverture des déchetteries, les déchets verts ont afflué
de partout sans qu'on n'en trouve moins dans les poubelles.
Et la collecte en porte à porte, "c'est la cata" pour citer
un responsable de services techniques.
Un supplément de 100 kg/hab/an est facilement atteint, et certaines
collectivités trouvent une augmentation de 200 kg ou plus.
En Italie, l'équipe de chercheurs de la Scuola Agraria del Parco
di Monza a analysé des chiffres sur les collectes sélectives
dans un grand nombre de collectivités. En comparant les collectivités
qui collectent les déchets verts (de jardin) avec celles qui
ne le font pas, ils ont trouvé une corrélation entre la quantité
de déchets verts collectés et la quantité totale de déchets,
avec R² = 0,534.
Prenons comme exemple deux petites communes, Sirtori avec 2562
habitants et Rovagnate avec 2430 habitants. La première, Sirtori,
collecte, par habitant et par an, 227 kg de déchets végétaux
et 37 kg de déchets 'de cuisine' ; Rovagnate ne collecte pas
les déchets verts (ni de cuisine) en porte à porte et ne récolte
que 21 kg en déchetterie. Rovagnate ramasse 20 kg/hab/an de
plus en 'poubelle grise' (213 kg au lieu de 193 kg), par contre
la quantité totale de déchets ramassés est nettement plus élevée
à Sirtori : 630 kg contre 347 kg en 1998.
Où étaient ces déchets avant ?
Certains étaient brûlés, certes, mais une bonne partie se trouvaient
dans le "tas de fu-mier" au fond du jardin, une sorte de compostage
primitif. Différentes enquêtes ont trouvé que près de la moitié
des foyers en milieu rural gèrent au moins une partie de leurs
déchets organiques en interne *2.
Quelle solution alors à ce problème de biodéchets ? Cette fois
c'est l'Italie qui peut nous inspirer. En Italie les 'biodéchets
domestiques' ou 'déchets de cuisine' (déchets essentiellement
de la préparation et la consommation alimentaires) sont souvent
considérés comme un flux totalement séparé des déchets de jardin.
L'équipe de Monza a accompagné l'évolution d'un système de collecte
simple et efficace. Là où ce système est en place, la proportion
de déchets organiques dans la poubelle " grise " (déchets résiduels)
varie entre 10 et 30%, à comparer avec 40% en Allemagne et 50%
aux Pays Bas, deux pays où la collecte séparative des organiques
est en place depuis longtemps, mais qui collectent les déchets
de cuisine et de jardin ensemble.
Au lieu de mettre des bacs de 120 l pour la collecte des biodéchets,
les familles reçoivent des sacs biodégradables, des seaux de
6 à 10 l à mettre sous l'évier, et un seau de 10 à 15 l à mettre
sur le trottoir (les conteneurs de 120 l sont réservés aux habitations
collectives). Les sacs sont ramassés par un petit véhicule,
non compacteur car le déchet alimentaire est déjà dense, conduit
par un chauffeur qui est en même temps rippeur, avec un temps
de ramassage réduit (15 à 20 secondes par seau). Ce mode de
collecte permet des économies, et l'équipe de Monza a calculé
que deux ramassages de biodéchets reviennent au même prix qu'un
seul ramassage classique.
Une étude sur plus de 100 municipalités en Italie a montré un
coût de gestion des déchets par habitant moins élevé là où une
collecte des déchets alimentaires existe. Pourquoi ça marche
? Les sacs biodégradables et étanches (coût 25 à 30 F/ménage/an)
sont probablement indispensables. Il est facile et confortable
de les utiliser, pas de mauvaises odeurs donc on n'hésite pas
à y mettre tous les déchets alimentaires, contrairement aux
bacs. Pas de nettoyage des seaux. Même la poubelle résiduelle
est plus agréable, ne contenant presque plus de putrescibles.
Ce type de collecte peut être complété par une collecte périodique
des déchets verts, mais séparée et pas trop fréquente. Séparée
pour garder la nature particulière de la collecte des déchets
de cuisine, et pas trop souvent pour encourager les habitants
à réfléchir d'eux-mêmes à la gestion de leurs déchets de jardin.
Ils peuvent pratiquer l'herbicylage (laisser les tontes sur
la pelouse), le paillage, le compostage individuel ou (et) apporter
leurs déchets verts à la déchetterie *3.
Pour plus de détails, contacter Pénélope au 02
97 73 30 64 ou
j-ph.vincent@worldonline.fr
* 1 : Öko-Institut
: Waste prevention and minimisation: final report pour la Commission
Européenne (http://europa.eu.int/comm/environment/waste/report3.htm)
29/07/1999.
* 2 : Par exemple
VINCENT-SWEET 1996 mémoire EME ; MAZAUD (Ademe, An-gers) 29/03/99
: résultats de Nontron; Biomasse Normandie 2000
* 3 : De façon générale, les Français
semblent être prêts à apporter leurs déchets de jardin à la
déchetterie. Cette solution, peu coûteuse pour la collectivité,
est onéreuse pour le particulier et pour l'environnement, à
cause du déplacement en voiture pour de petites quantités. Ce
coût peut être justifié par l'aspect pédagogique de cette démarche
citoyenne.
Et les déchets pas "bio" ?
:
Et sur le front des autres déchets ? La dépêche du Mate n°8
nous apporte quelques informations sur ce domaine.
Les dépêches du Mate sont un bulletin du Ministère de l'Aménagement
du Territoire et de l'Environnement disponible sur le site du
ministère www.environnement.gouv.fr.
Actuellement, seulement 5 à 10% des 30 000 tonnes de piles et
accumulateurs produits sont collectés après usage (contre plus
de 50% en Allemagne). Rappelons que depuis le 1er janvier 2001,
les distributeurs et commerçants sont tenus de reprendre gratuitement
ceux des particuliers. Les fabricants et importateurs doivent
en organiser la récupération et l'élimination. Les utilisateurs
autres que les ménages ont l'obligation de faire traiter ce
type de déchets et notamment les 220 000 tonnes d'accumulateurs
non portables.
Lors du Congrès de France Nature Environnement (FNE)*, Dominique
Voynet a fait remarquer que 40 millions de Français peuvent
trier leurs déchets en 2001 contre 10 millions en 1997. Les
filières huiles, emballages, piles et accumulateurs usagés se
sont structurées. Ceci devrait bientôt être complété par un
décret sur la collecte et le traitement des pneumatiques usagés
et un autre sur les véhicules hors d'usage. Des groupes de travail
sur les films plastiques agricoles, les emballages et produits
phytosanitaires, les courriers non-adressés, les déchets du
BTP et les déchets d'entretien des routes progressent. Un Conseil
National des Déchets, lieu d'élaboration des orientations pour
la prochaine décennie, verra le jour en 2001.
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