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N° : 71
- Mars 2001 - 8ème année.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication :
André ROUX.
Rédacteur en chef : Jean GETIN
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AGENDA
La vie du Ciele
Prochain C A : le 27 mars 2001,
20h30 au Ciele
Assemblée générale : le 9 juin 2001
Energie
Le 10, 11 et 12 mars aura lieu à Vitré le premier salon de l'habitat
et du jardin. Le Ciele y sera présent, diffusant une information
objective sur les économies d'énergie et les énergies renouvelables.
Énergies renouvelables
Réunion débat - échanges sur les énergies renouvelables à l'initiative
de Culture bio mardi 20 mars à 20h30.
Lieu : salle polyvalente de Guichen.
Au programme : interventions du Ciele (solaire thermique photovoltaïque,
bois énergie) et de Avel pen ar Bed (éolien) et témoignages
d'utilisateurs.
Salon bio
Le 8 avril à Romagné, organisé par la Passiflore.
Agriculture bio
Colloque de la Fédération régionale de l'agriculture biologique,
le mardi 6 mars au vacanciel de Mur de Bretagne. La Bretagne
fête en 2001 son 1000ème producteur bio. A cette occasion elle
organise un colloque sur "la contribution de l'agriculture bio-logique
au développement de la Bretagne".
Inscriptions : FRAB au 02 99 54 33 70
Conférence
Présentation de l'action de l'association "tourisme et développement
solidaire" (qui travaille particulièrement au Burkina Faso)
par Pierre Martin Gousset le 13 mars à 20 heures à l'Archipel,
1 rue Anatole France à Rennes.
Constructions de terre
Nous vous avons annoncé dans le dernier Essenciele l'exposition
sur les constructions de terre en Ille et Vilaine, à l'Écomusée
de La Bintinais jusqu'au 13 mai.
Cette exposition s'accompagne de conférences, les jeudi à 18h30
:
- 8 mars : l'architecture de terre dans le monde ;
- 29 mars : les origines de l'architecture rurale dans le bassin
de Rennes ;
- 19 avril : la bauge ailleurs dans l'Ouest ;
- 26 avril : le pisé aujourd'hui.
Il y aura également des tables rondes à 18h30 :
- 22 mars : La bauge, perspectives de construction aujourd'hui
;
- 12 avril : La chaux, approches traditionnelles et besoins
contemporains.
Des journées techniques sont également programmées :
- 24 mars : Réaliser des enduits en terre ;
- 31 mars : Réaliser un mur en terre ;
- 21 avril : "Premiers soins" à la bauge
Les inscriptions sont obligatoires.
Le 1er avril à 14h aura lieu une démonstration de construction
d'un mur en terre.
Contact : Ecomusée 02 99 51 38 15
VU
DU CIELE
Formations :
Nous vous avions présenté dans le numéro de janvier quelques
formations courtes dans le domaine de l'énergie. Nous complétons
maintenant ce tableau avec les formations longues.
1 - ASDER (Association Savoyarde pour le Développement
des Énergies Renou-velables) :
ENERGIES RENOUVELABLES/TRI ET VALORISATION DES DECHETS
663 h en centre - 276 h en entreprise
Lieu: Chambéry
Contacts : ASDER - Gérard SAVATIER et Jean Christophe CASTAGNIER
( 04 79 85 88 50)
2 - CLER (Comité de Liaison Énergies Renouvelables) :
LA MAITRISE DE L'ENERGIE ET LES ENERGIES RENOUVELABLES (en cours
de mise en place)
791 heures en centre - 389 h en entreprise
Lieu : Région parisienne
Contact : CLER - Pascal LYVER (01 55 86 80 00)
3 - ECOLE DES MINES DE PARIS
Armines, centre d'énergétique / Sophia Antipolis
Une formation MASTER / bac + 5 sur les énergies renouvelables
est prévue pour 2001 en collaboration avec l'organisme EEH (Énergie
Environnement Habitat)
ENERGIES RENOUVELABLES
1 an en centre
Ce MASTER est réalisé en collaboration avec 8 universités européennes
Contact : ECOLE DES MINES DE PARIS Armines, centre d'énergétique
/ Sophia Antipolis - Didier MAYER (04 93 95 74 07)
4 - ENSAM (École Nationale Supérieure d'Arts et Métiers)
LES ENERGIES RENOUVELABLES ET LEURS SYSTÈMES DE PRODUCTION 350
h en centre - 1762 h en entreprise
Lieu : Institut Corse / Bastia
Contacts : ENSAM - François SOULEAU et Claudine FLASQUE (01
44 24 62 87 ou 01 44 24 64 98)
5 - ESIGEC (École Supérieure d'ingénieurs de Chambéry)
VALORISATION DES ENERGIES RENOUVELABLES ET DES DÉCHETS DE LA
CONSTRUCTION
384 h en centre et 1176 h en entreprise
Lieu: Chambéry
Contact : ESIGEC - G. ACHARD (04 79 75 88 18)
6 - IUT DE TARBES / CIEN (Centre International des énergies)
THELER (thermique et électricité des énergies renouvelables)
735 h en Centre - 351 h en entreprise
Lieu : Tarbes
STER (sciences et technologies des énergies renouvelables)
640 h en centre - 560 h en entreprise
Lieu : Tarbes
Contacts : CIEN - Ivan PUJOL (05 62 93 93 13) ou IUT DE TARBES
- Mme CARDON (05 62 44 42 06)
7 - IUT DE LA ROCHELLE / CREA 2000 (Centre de recherche
sur les énergies alternatives)
DESS INGÉNIERIE DU BÂTIMENT
OPTION 1 : intégration de 1'efficacité énergétique et des énergies
renouvelables dans la conception des bâtiments (en 2001)
OPTION 2 : énergétique et gestion technique des bâtiments.
6 mois en centre - 6 mois en entreprise
Lieu : La Rochelle
Contacts : IUT- Christian INARD (05 46 45 72 46) ou CREA 2000
- Jérôme FOUSILLON (05 46 45 82 78)
ECHOS
LOGIE -
L'agriculture folle !
Alors que la crise due à la maladie de la vache folle n'est
pas réglée, voici que revient la fièvre aphteuse qui semblait
avoir disparu de nos campagnes depuis plus de 20 ans. Un seul
diagnostic : notre système agricole est bien malade !
Après un an d'enquête, Que Choisir, dans son numéro de mars
2001, publie un dossier sur les dérives qui ont conduit au scandale
de la vache folle.
Une première crise apparaît en 1996, lorsque l'Angleterre admet
que l'ESB peut se transmettre à l'homme. L'embargo sur le bœuf
britannique est décrété et toujours maintenu en France ; les
matières à risques ne doivent plus être incorporées aux farines
animales (elles ne devaient plus être utilisées dans l'alimentation
des bovins depuis 1990 et des autres ruminants depuis1994).
Seconde crise en 2000 déclenchée par les images de Britanniques
atteints de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jacob
et la tentative de fraude dans un abattoir : les farines animales
sont interdites pour tous les animaux et les tests sur les bovins
de plus de 30 mois sont mis en place.
L'exclusion des farines animales anglaises dans les aliments
des bovins a été signifiée par un banal avis aux importateurs
du 13/08/89 complété par un autre du15/12/89. Il est possible
cependant d'en acheter pour la fabrication des aliments pour
porcs et volailles en remplissant une simple déclaration sur
l'honneur engageant à ne pas les utiliser pour les aliments
pour bovins.
En fait des dérives se sont produites au sujet de l'utilisation
de ces farines après leur interdiction pour les bovins. Un éleveur
qui avait fini de nourrir une bande de porcs se retrouvait avec
des farines animales sur les bras : soit il les utilisait pour
ses bovins s'il en avait, soit il retournait le stock à l'usine
qui l'entreposait dans un "silo hôpital" qui recueillait également
les farines provenant des nettoyages des machines entre la fabrication
d'un aliment pour cochon ou volailles et celui pour les vaches.
Le contenu du silo se retrouvait ensuite dans des aliments pour
bovins. En principe, les contrôles étaient fréquents (avec un
seuil de tolérance de 0,3%). Mais d'après les calculs de Que
Choisir, en 1998, il y a eu un contrôle pour 40 000 tonnes,
soit tous les 1600 semiremorques!
Enfin, de l'aveu même des producteurs, en novembre dernier,
seulement 70 à 80% d'entre eux respectaient la stricte séparation
des deux filières.
Des éleveurs de la FNSEA des Vosges ont entamé une action devant
le tribunal pour savoir si des farines animales anglaises ou
non se sont retrouvées dans les aliments donnés à leurs bovins.
Mais les producteurs font de l'obstruction. Les éleveurs veulent
savoir s'ils ont stocké des farines anglaises achetées à prix
très bas et si après leur interdiction ils se sont tournés vers
la Belgique qui s'est mise alors à exporter quantités de farines
à des prix très intéressants.
Un haut fonctionnaire du ministère de l'agriculture explique
que dans les années 1993-1995 il y a eu sous déclaration des
cas d'ESB. Des animaux contaminés ont donc été recyclés en farines
françaises. En plus des importations illicites, des importations
légales en provenance du Danemark et d'Allemagne, pays qui ne
retiraient pas les matières à hauts risques, ont également eu
lieu. On sait également maintenant que le mode de chauffage
adopté en 1998 pour la fabrication des farines ne détruit pas
totalement l'agent infectieux.
Fin octobre 2000, on apprenait qu'un négociant avait tenté de
passer en douce une vache atteinte d'ESB dans un abattoir. En
principe, les DSV (Directions des Services Vétérinaires) veillent,
mais leurs contrôles ne sont ni infaillibles, ni permanents.
Un agent de la répression des fraudes explique que les DSV n'ont
pas une culture de répression. Sur les mêmes lieux, elles ne
voient pas les mêmes choses que les agents de la répres-sion.
Dans un département où il y a 3 abattoirs et seulement 3 vétérinaires
publics, comment contrôler les centaines de bêtes qui arrivent
à l'abattoir dés 5 heures du matin.
L'hebdomadaire scientifique britannique Science évalue à 7300
le nombre d'animaux passés volontairement ou non dans la chaîne
alimentaire en France (750 000 en Grande Bretagne). Les vétérinaires
publics se défendent en invoquant les faibles moyens dont ils
disposent. Depuis 1992, les effectifs ont fondu de 6% alors
que les missions explosaient. Il y a plus de 1000 vacataires
pour 420 vétérinaires titulaires. Les vacataires sont payés
70 F net par heure, ce qui incite aux tricheries.
De plus la traçabilité française, présentée comme une des meilleures
d'Europe, laisserait à désirer. Les boucles d'identification
et les papiers d'identité des vaches sont gérés au niveau de
chaque département par un organisme composé d'acteurs du monde
agricole. C'est comme si on confiait aux casseurs la gestion
des cartes grises !
La recherche scientifique sur la maladie de la vache folle a
peu progressé. On sait qu'elle peut se transmettre par la voie
alimentaire et dans un faible pourcentage de cas, de la mère
au veau. Une faible dose ingérée ou injectée suffit, et la barrière
des espèces est moins efficace pour l'ESB que pour d'autres
maladies.
Sur le plan judiciaire, l'instruction des dossiers liés à cette
maladie, n'a pas été une priorité : elle dure depuis plus de
3 ans. Une quinzaine de procédures est en cours.
En 10 ans, deux affaires seulement sont arrivées devant une
instance correctionnelle : les prévenus ont été relaxés dans
les deux cas. Il faut en effet prouver qu'il y a volonté de
violer la loi. La défense plaide les incertitudes au moment
où les faits se sont produits.
La gestion de la crise par l'Europe est troublante. Une note
confidentielle du 12/10/90 incitait à pratiquer la désinformation
et à dire que la presse exagérait. Le rapport du député européen
Manuel Médina Ortega confirme et montre la curieuse bienveillance
dont a bénéficié le Royaume Uni, pourtant à l'origine de la
crise. Le rapport de Jean François Mattei, paru en janvier 1997,
pose la question de l'existence en France, d'un circuit de blanchiment
des farines britanniques. Il suggère également que l'inertie
constatée est due aux structures dispersées, fractionnées, presque
rivales, qui sont chargées d'exercer les contrôles. Constat
repris par un récent rapport de l'IGF. Après la crise de novembre
dernier, la France a tapé du poing sur la table et pressé les
Quinze d'adopter des mesures radicales notamment les tests de
dépistage. Comme par hasard, l'Allemagne et l'Espagne ont déclaré
leurs premiers cas d'ESB.
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