Centre d'Information sur l'Energie et l'Environnement
energie environnement en Bretagne : ciele, centre d'information de rennes.

N° : 67 - Nov. 2000 - 7ème année.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication :
André ROUX.

Rédacteur en chef : Jean GETIN



AGENDA

Rencontres Reeb
Le réseau régional d'éducation à l'environnement en Bretagne organise ses 8èmes rencontres sur le thème : "catastrophes écologiques et éducation à l'environnement", les 9,10,11 novembre à Lorient.
Au programme, ateliers pédagogiques, carrefours d'échanges sur la marée noire, les inondations, la mal-bouffe, le réchauffement climatique, les accidents nucléaires civils.
Renseignements :
Reeb, 2 rue du Muguet, Lannion - 02 96 48 97 99

CA du Ciele :
mardi 21 novembre à 20 h 30, 96 canal St Martin

Engager un pari contre l'effet de serre !
C'est ce que vous propose le Réseau action climat, les Amis de la Terre et Chiche ! Cette action pédagogique s'adresse aux établissements scolaires (écoles, collèges, lycées) afin qu'ils s'engagent à réduire leurs émissions de CO2 (8% en 8 mois).
Début de l'opération : novembre 2000, avec un lancement officiel lors de la conférence internationale de La Haye, du 13 au 24 novembre. Nous aurons l'occasion d'en reparler dans le prochain numéro de l'Essenciele.
Renseignement :
Le Pari c/o Rac - 2B rue Jules Ferry - 93100 Montreuil
Téléphone : 01 48 58 83 92


VU DU CIELE :

Appel financier
La FNAUT, fédération nationale des associations d'usagers des transports, dont nous nous faisons régulièrement l'écho dans l'Essenciele, rencontre des difficultés financières cette année et lance un appel à dons. Le Bureau du Ciele a décidé de verser 1000 francs et de vous solliciter individuellement (dons déductibles des impôts).
Renseignement :
FNAUT, 32 rue Raymond Losserand, 75014 Paris
Téléphone : 01 43 35 02 83


ÉCHOS LOGIE : Alors, ça roule ?

Pas assez pour certains qui ont bloqué les routes pour protester contre le prix des carburants. "Touche pas à mon essence (ou gazole)!" était leur cri du cœur relayé par les médias. Nous allons essayer de vous faire entendre un autre son de bielle.

Un carburant trop cher?

L'importante augmentation du prix du pétrole, multiplié pratiquement par trois en un an, a conduit aux mouvements sociaux que l'on a connus.
Il y a plusieurs raisons à cette augmentation qui met fin à 15 années de prix bas : le re-démarrage de l'économie mondiale entraîne une progression de la consommation, les efforts de maîtrise de l'énergie se sont relâchés depuis 1986 et les pays émergents rattrapent leur retard d'industrialisation et pèsent de plus en plus lourd dans la consommation mondiale. L'OPEP se trouve donc en position de force pour fixer les prix.

Nos économies sont très dépendantes de cette ressource non renouvelable dont les 2/3 des réserves sont concentrées au Moyen-Orient, région politiquement très sensible. Le prix du pétrole a de nouveau atteint la valeur qu'il avait dans les années 1981-1985 (environ 2700 F/tonne en francs constants pour le prix moyen annuel du pétrole brut importé en France). Le choc a été d'autant plus rude qu'en 1998 il valait 562,5 F/t, soit à peu prés son coût dans les années 1970, avant le 1er choc pétrolier de 1974 (1). Il s'agit des prix du pétrole brut.

Le prix des carburants à la pompe a lui aussi augmenté. Les taxes, TIPP (Taxe Intérieure sur les produits pétroliers), taxes parafiscales et TVA représentent actuellement environ les ¾ de ce prix. Au cours des dix dernières années, leur part a augmenté (de 10% pour le gazole à 6 et 8% pour les super plombé et sans plomb) (2) Malgré cette augmentation et d'après plusieurs études, l'incidence du coût du carburant dans la vie des ménages diminue.

D'après le cabinet Beauvais Consultants, cité par FNAUT Infos (3), pour acheter un litre de carburant, un smicard devait travailler 42 minutes en 1950, 38 minutes en 1960, 18 en 1970, 12 en 1980 et moins de 8 en 1998. D'après une étude de l'INSEE portant sur l'évolution du prix de l'automobile, des carburants et des réparations entre 1979 et 1999, le prix des dépenses liées à l'automobile a augmenté au même rythme que l'inflation. Mais dans ces dépenses, ce sont l'entretien, les réparations et les accessoires qui ont augmenté le plus, jusqu'à la récente augmentation, le prix de l'essence évoluait moins vite que l'inflation.(4) Globalement, de 1992 à 1998 la part des transports, incluant les transports collectifs, est restée stable (autour de 15%) dans la consommation totale des ménages.

1. Alternatives Économiques - n°185 - octobre 2000

2. Les comptes des transports en 1999 sur le site du ministère des transports : www.equipement.gouv.fr/statistiques/

3. FNAUT Infos n° 85 - juin 2000 et site de la FNAUT : http://perso.wanadoo.fr/fnaut

4. Automobile, carburants, réparations : 20 ans d'évolution de prix - INSEE Première n°713 - mai 2000 et sur site: http://www.insee.fr/fr/home/home_page.asp


La route coûte cher

Comme le signale la FNAUT, les taxes payées sur les carburants sont la participation des usagers (proportionnellement à la distance parcourue) aux différents coûts induits par la route : construction et entretien, surveillance de la circulation, coût social des accidents, nuisances et pollutions, contribution à l'effet de serre….

Ces coûts ne sont que partiellement couverts par les usagers, notamment en milieu urbain. Dans une étude concernant les 15 pays de l'Union européenne, plus la Suisse et la Norvège, l'Union internationale des Chemins de fer (UIC) a fait le point sur ces coûts externes des transports (5).
Ce chiffrage n'est pas facile, car ces coûts échappent à l'économie monétaire. Il faut donc faire des hypothèses aussi plausibles que possible. Pour l'étude citée, le coût de la vie humaine a été fixé à 1,5 millions d'euros, celui d'évitement des changements climatiques à 135 euros par tonne de gaz carbonique émise, le risque nucléaire à 0,035 euros par kWh. L'incidence du bruit supérieur à 55 db(A) sur la valeur foncière et la santé a été prise en compte. On arrive à 530 millions d'euros en 1995, soit 7,8% du PIB. La route est responsable de 91,5% de ce total.
Si on observe la répartition par type de coûts, les accidents arrivent en tête (29%), suivis de la pollution de l'air (25%) et des changements climatiques (23%).
Si on ajoute aux coûts précédents celui des embouteillages, retards de livraison… on atteint 658 millions d'euros, soit 10% du PIB.
La progression prévue entre 1995 et 2010 est de 42%!

Pour le transport des personnes, le coût externe de la voiture pour 1000 voyageurs/km est plus de 2 fois plus important que celui de l'autocar, près de 4,5 fois plus que le rail et près de 2 fois plus que l'avion. En ce qui concerne le transport de fret, pour 1000 tonnes/km, l'avion arrive en tête, près de 3 fois plus cher que la route qui reste, elle, 4 fois plus chère que le rail ou la voie d'eau.
Malgré cela, on constate dans les villes une perte de terrain des transports publics par rapport à la voiture. Le transport combiné rail-route n'a pas progressé du fait d'handicaps techniques et des insuffisances des compagnies ferroviaires. La création de corridors européens pourrait améliorer la qualité de service du fret ferroviaire. Mais l'espoir réside surtout dans les écotaxes qui permettraient une meilleure prise en compte des coûts externes induits par le transport routier et aérien.

5. Alternatives Économiques - Hors série -4ème trimestre 2000 - Les chiffres de l'économie.


Arrêter la voiture?

C'est la question qu'on peut se poser !
Une première constatation : peu de gens, à part dans les très grandes villes, sont préoccupés par la pollution automobile. En 1998, 80% des ménages déclarent ne pas avoir rencontré ce type de problème (mais ils ne sont plus que 19% à Paris et 31% dans l'agglomération parisienne). Parmi ceux qui se rendent compte qu'il y a de la pollution, 41% à Paris et 28% dans l'agglomération renoncent volontaire-ment à prendre leur voiture en cas de pic (6).
Il est vrai qu'un tiers des Parisiens interrogés déclarent avoir eu des problèmes de santé liés à la qualité de l'air au cours de 1997.

Pour se rendre à leur travail, 2/3 des personnes interrogées utilisent un véhicule motorisé (voiture, moto, scooter), 18% les transports en commun, 11% leurs jambes et 2% un vélo. Parmi les utilisateurs d'engins motorisés, 6 sur 10 estiment qu'ils n'ont pas d'autres moyens soit à cause de l'absence de transports en commun ou parce que leur profession nécessite l'usage d'un véhicule.

Sur l'ensemble des personnes de plus de 18 ans, 20% ne disposent pas de voiture dans leur ménage. Les 80% restants se composent de 12% qui ne s'en servent pas pour aller travailler, 41% qui peuvent difficilement s'en passer ( dont 18% de retraités et 4% de femmes au foyer avec jeunes enfants) et 27% utilisent leur voiture sans y être contraints. Ces derniers sont pour 15% des inactifs (étudiants, femmes au foyer sans jeunes enfants ou chômeurs) .
On a demandé aux 12% restants de personnes qui vont travailler en voiture mais qui pourraient faire autrement ce qui pourrait les faire changer de comportement. 51% des individus concernés habitant des villes de plus de 100 000 habitants ou l'agglomération parisienne utilisent leur voiture parce que ce serait plus long ou plus compliqué autrement.
48% apprécient l'autonomie plus grande de ce mode de transport, 16% le trouvent même plus agréable. La plus grande rapidité de la voiture est surtout évoquée par ceux qui ont des trajets supérieurs à une demi-heure et par les ménages disposant d'un revenu inférieur à 10 000 francs par mois. Il faudrait donc, pour les satisfaire, améliorer le système de transports en commun sur longue distance avec un meilleur maillage du réseau.

6. Pourquoi se passer de sa voiture? - INSEE Première n°607 - septembre 1998 et sur site : http://www.insee.fr/fr/home/home_page.asp


CENTRE DE DOC

Ouvrages reçus récemment au centre de doc :

Poêles, inserts, et autres chauffages au bois - Les nouveaux matériels, performants et économes - AUBERT Claude / Terre vivante/ 2000/ 102 p.
Le chauffage au bois peut à lui seul chauffer toute une maison, ou fournir au moins la chaleur nécessaire aux pièces de séjour en conciliant économie, écologie et agrément. Rempli de conseils pratiques et d'adresses utiles, ce livre est l'outil indispensable pour quiconque souhaite découvrir les avantages du chauffage au bois et en oublier les inconvénients.
Plusieurs techniques modernes sont présentées : poêles, inserts et chaudières.

Sortir du nucléaire - COCHET Yves/ 2000/ 72 p.
Actes du colloque du 5 juillet 2000 à l'assemblée nationale. Trois grands thèmes ont été abordés : les politiques énergétiques en Europe, la sûreté et la transparence nucléaire, l'électricité autrement.

Jardinier bio, c'est facile - ouvrage collectif /Terre Vivante /2000 /127 p.
Ce guide à l'intention de tous les jardiniers s'appuie sur trois piliers pour expliquer le jardinage biologique. Le premier, c'est la connaissance, le respect et le bon usage de la terre du jardin, source de nourriture pour les plantes. Le second, c'est la diversité. Diversité des plantes qui permet celle des insectes et autres animaux utiles, grands consommateurs de ravageurs. Le troisième, c'est le jardinier... son sens de l'observation, sa maîtrise du compostage, des engrais verts, des associations de plantes, des traitements naturels...

Compte rendu de l'atelier santé environnement - École nationale de la Santé publique /2000 /111 p.
Cet atelier, émanation de la conférence régionale de santé, est un lieu d'échanges et de réflexions. Il proposait comme thèmes, lors de sa séance du 23 juin, les études épidémiologiques dans le domaine de l'environnement et les approches de l'exposition aux nitrates et des risques sanitaires.



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