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N° : 66
- Oct 2000 - 7ème année.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication :
André ROUX.
Rédacteur en chef : Jean GETIN
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AGENDA
OGM :
Rencontre sur les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) organisée
par la CLCV (Consommation Logement Cadre de Vie) de Rennes :
samedi 7 octobre à 14 heures à la Maison du Champ de Mars
Contact : 02 99 14 23 23
Collecte sélective :
Formation sur la mise en œuvre des collectes sélectives de papiers/cartons
dans les collectivités locales, territoriales et autres organismes
publics. Rennes les 10 et 11 octo-bre 2000. Cette formation
s'adresse aux personnes sous contrat emploi jeune qui ont pour
mission ou pour projet de travailler à la mise en œuvre de collectes
sélectives dans leur organisme.
Contact : Feuille d'Érable Françoise Leboeuf au 02 99 54 74
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Ille et Bio :
Appel à bénévoles pour participer à la tenue du stand du Ciele
au Salon Ille et bio de Guichen les 14 et 15 octobre 2000. Le
Ciele inaugure son exposition sur les énergies renouvelables
en Bretagne.
Merci de contacter Catherine au Ciele : 02 99 54 42 98
Charte :
Signature de la Charte pour l'environnement de Rennes lundi
16 octobre à 17 heures à l'hôtel de ville.
CTE :
Journée de réflexion sur les CTE (Contrats territoriaux d'exploitation)
les 16 et 17 novembre à Belle Isle en Terre.
Thème : CTE, du territoire à l'exploitation, pour une meilleure
prise en compte de l'environnement. Méthode de diagnostic agri
environnemental, étude d'un cas concret Organisation : Solagro
(Toulouse) en lien avec les associations de protection de la
nature et de l'environnement.
Contact :
Philippe Pointereau, Solagro, 219 avenue de Muret, 31300 TOULOUSE,
au 05 61 59 56 16
Gilles Huet, Eau et rivières de Bretagne au 02 96 21 38 77
Prix : 250 F pour les 2 jours
VU
DU CIELE :
Récupérateurs d'eau de pluie :
Pour encourager les économies d'eau, la Ville de Rennes met
en vente mille citernes de récupération d'eau de pluie.
Cette action rentre dans le cadre de la Charte environnement.
D'une capacité de 500 litres, le récupérateur s'installe à proximité
de la descente d'une gouttière. L'eau de pluie ainsi récoltée
peut être utilisée pour arroser le gazon, le potager ou les
plantes d'intérieur. Les citernes seront mises en vente au prix
unitaire de 150 F. Des semaines d'information-insription sont
organisées dans cinq équipements de quartier rennais à partir
d'octobre 2000.
Le Ciele est chargé de l'animation de cette opération.
Déchets en Bretagne :
Comme chaque année, la Direction régionale de l'industrie, de
la recherche et de l'envi-ronnement dresse un panorama des rejets
industriels en Bretagne (dans l'eau, dans l'air, déchets dangereux,
risques).
Document bilan 1999 disponible sur demande à :
Drire, 9 rue du Clos Courtel, 35043 Rennes Cédex ou au 02 99
87 43 03
ÉCHOS
LOGIE : Bon
vent !
L'énergie éolienne serait-elle victime de son succès. Dans
les pays où de nombreuses réalisations existent, des mouvements
se créent parfois pour s'opposer à de nouvelles installations.
Comme pour tout, l'information et la participation des riverains
doit être pri-ses en compte.
Énergie éolienne dans
le monde :
L'utilisation de l'énergie du vent ne date pas d'hier : les
bateaux à voiles existent depuis plusieurs millénaires, un moulin
à axe vertical pour le pompage de l'eau fut mis au point par
les Chinois il y a environ 5000 ans, les Perses inventèrent
un moulin de pierre pour moudre le grain il y a moins de 3000
ans. Les moulins à vent tels que nous les connaissons apparurent
au XIIe siècle et les éoliennes au XVIIIe.
Le Maroc s'est engagé dans un plan d'électrification rurale
: 90% des douars devraient être électrifiés d'ici 2010. 10%
de cette électricité sera produite par le vent. A l'est de Tanger,
un champ de 84 éoliennes qui devrait produire 226 millions de
kWh/an, soit l'équivalent de la consommation d'une ville de
400 000 habitants, est en fin de construction.
Pour le moment, les villageois proches du site ne vont pas en
profiter, car l'électricité part vers les villes, mais ils devraient
être reliés au réseau en 2001. Ils s'inquiètent pour la tranquillité
de leurs troupeaux et craignent que le chuintement des pales
ne les perturbe. D'autres ont peur de l'impact sur les 300 000
oiseaux migrateurs qui traver-sent le site. Les années à venir
vont permettre d'analyser l'impact réel du site.
Les éoliennes se développent dans le monde entier (38% en plus
en 1999) mais principalement dans les pays industrialisés. Elles
fournissent 0.15% de l'électricité mondiale. Elles apparaissent
comme une solution pour lutter contre l'effet de serre. Elles
fournissent le kWh à un prix variant entre 0,30 F. et 0,50F.
qui se rapproche du prix du kWh "classique" (0,205 F. pour le
nucléaire en France). Par contre elles consomment beaucoup d'espace
et modifient le paysage. Certains riverains se plaignent également
du bourdonnement continu, même si les constructeurs ont diminué
le bruit. Des groupes écologistes au Danemark, en Allemagne,
en Angleterre et en Suède protestent contre la généralisation
massive de cette énergie. Pour minimiser les nuisances, on implante
les éoliennes en mer. Mais ce sont les pêcheurs qui craignent
pour les poissons!
La France n'en est pas encore là. (23 éoliennes
contre 4445 pour l'Allemagne ou 1742 pour le Danemark). Elle
accuse un sérieux retard. 1% de l'électricité devrait être fourni
par l'éolien en 2005. L'Association Européenne de l'Énergie
Éolienne pense pouvoir économiser 10 milliards de tonnes de
CO2 (sur 70 milliards) si 3 à 10% de l'électricité sont fournis
par l'éolien. Mais le développement massif de l'énergie éolienne
ne doit pas se faire au détriment d'autres énergies comme le
photovoltaïque ou la géothermie ou d'une autre solution durable
: les économies d'énergie.
(GEO - n°258 - août 2000)
Vue sur éoliennes :
Afin de connaître l'avis des riverains des sites éoliens, l'Ademe
a confié une enquête au CSTB (Centre Scientifique et Technique
du Bâtiment). Elle a eu lieu près de la ferme éolienne de Sallèles-Limousis
dans l'Aude. Elle a porté sur 11 familles en privilégiant celles
qui voyaient les éoliennes depuis leur maison. Cet échantillon
est significatif de la situation mais non représentatif d'une
population résidant à proximité d'une ferme éolienne.
Le principe technique de l'énergie éolienne est
d'autant mieux compris que l'information a été adaptée aux riverains.
Ils ne l'assimile pas aux autres énergies : elle est non polluante
et fondée sur une matière première inépuisable. Ils pensent
que les éoliennes vont se développer. Ils sont plus partagés
au niveau de l'intégration dans le paysage. La ferme éolienne,
en représentant un élément "propre" n'a pas compensé les nuisances
du site : il y a déjà un pylône à très haute tension et une
usine de retraitement des métaux sur le site. L'implantation
a été mieux acceptée quand les habitants des communes ont compris
les avantages financiers, touristiques et symboliques qu'ils
pouvaient en tirer. Ceux qui ont participé de manière active
à la décision d'implantation des éoliennes les acceptent mieux
que les autres. Les riverains pensent valoriser le site en créant
un centre d'information pédagogique et une boutique de produits
régionaux. Tous les habitants, sauf un, sont issus de familles
du village, mais certains travaillent en ville alors que les
autres non. Ceux qui vivent et travaillent ici, les "campagnards",
voient dans les éoliennes un support de développement pour le
village. Ils sont dans une logique d'aménagement du territoire
et de développement local. Ceux qui travaillent en ville, les
"naturalistes", sont davantage en retrait du village et ont
une attente forte par rapport à une nature sauvage. Ils restent
hostiles à l'implantation et sont dans une logique d'appropriation
du territoire et de privatisation de la nature.
Les auteurs de l'études recommandent donc, lors
de l'implantation d'un site éolien, de donner aux habitants
une information technique et économique et de les faire participer
à la décision par une enquête publique. La communication doit
mettre l'accent sur les valeurs écologiques, collectives et
de bien public de l'énergie éolienne. Une valorisation par un
centre d'activité pédagogique et touristique doit être envisagée.
Il faut éviter de faire l'implantation dans un site pollué ou
déjà équipé d'installations contestées.
(CSTB Magazine n°129 - mai-juin 2000)
Pas de pales sur mon plateau :
Sur le plateau du Larzac, existe un projet d'implantation de
15 éoliennes.
Vu d'un bon œil au départ par les écologistes locaux, ils se
sont ensuite inquiétés de l'impact sur le paysage assez horizontal
du plateau et notamment ont craint que les importants terrassements
nécessaires ne portent atteintes au riche patrimoine archéologique
du lieu. Les ornithos s'inquiètent pour l'outarde canepetière
en voie de disparition, et pour les vautours réintroduits à
grands frais. Puis c'est l'office du tourisme qui s'affole car
le site est très fréquenté par les parapentistes.
(Télérama n° 2641 - 26/08-1/09/2000)
C'est beau un poteau
?
Il n'y a pas que les éoliennes qu'on voit dans le paysage. Les
lignes électriques aussi !
Il y a 2 grands réseaux: le transport et la distribution.
Le réseau de transport, ce sont les lignes à très haute tension
(THT), 400 000 et 225 000 volts. Elles représentent 8% du total
et sont aériennes à 97%. Elles sont la propriété d'EDF. Ce sont
celles que l'on voit de loin et qui cristallisent les conflits.
Le coût de l'enfouissement est important, 10 fois plus que l'aérien
pour une ligne 400 000 volts et 5 fois plus pour une 225 000
volts. Mais la traversée en aérien des parcs régionaux ou de
sites préservés pose de plus en plus de problèmes.
Le réseau de distribution est constitué des lignes moyenne tension
(MT) à 20 000 volts et des lignes basse tension (BT) à 400 et
230 volts qui arrivent chez les clients. Elles représentent
92% du réseau total et sont aériennes à 74%. Elles sont la propriété
des collectivités qui en concèdent l'usage à EDF. L'enfouissement
pose moins de problèmes techniques, mais même si le coût est
en baisse, une ligne MT enterrée coûte 2 à 3 fois plus cher
qu'une ligne aérienne. Il faut notamment prévoir un maillage
afin que chaque centre de consommation soit alimenté par au
moins 2 chemins distincts. En effet, les réparations en cas
de panne sont plus longues en souterrain, 12 heures contre 4
en moyenne en aérien. Si 26% des lignes sont enterrées ou posées
en technique discrète, c'est aussi parce que les collectivités
en sont propriétaires et peuvent exiger d'EDF l'en-fouissement.
(60 millions de consommateurs - juillet-août
2000)
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