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N° : 63
- Juin 2000 - 7ème année.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication :
André ROUX.
Rédacteur en chef : Jean GETIN
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AGENDA
Visite d'une maison
ayant un Plancher Solaire Direct, le samedi 24 juin
à 10h30 dans la région Rennaise.
Inscription obligatoire au Ciele : 02 99 54 42 98.
Formation au montage
de projets d'éducation à l'environnement : sur le
thème de l'eau et utilisation de l'outil Ricochet, avec le Reeb
et Eau et rivières les 3,4 et 5 juillet 2000 au Centre d'initiation
à la rivière de Belle Isle en Terre.
Inscriptions : Reeb 02 96 48 97 99
17èmes rencontres nationales
Ecole et Nature : sur le thème Agriculture Environnement,
du 20 au 26 août en Midi Pyrénées (Toulouse).
Pour en savoir plus : Graine Midi Pyrénées 05 65 61 06 57
Le salon Ille et Bio
de Guichen aura lieu cette année les 14 et 15 octobre 2000.
Nous relayons l'appel aux bénévoles pour participer au montage
des stands, la buvette, le parking, la billetterie…
Contact : 02 99 57 38 11
ÉCHOS
LOGIE : De l'or
noir à l'or vert!
Le prix du pétrole joue au yoyo. Quand il est au plus bas,
l'automobiliste jubile, quand il est au plus haut, il grince
des dents. Et pourtant, ne serait-ce pas plutôt le contraire
qu'il faudrait faire? Quand le pétrole est cher, on pense à
nouveau aux économies d'énergie et à circuler autrement.
L'étalon or (noir)
En mai, on a assisté à une flambée du brut sur les marchés internationaux.
Les prix attei-gnent à nouveau 30 dollars le baril. La reprise
de la croissance économique mondiale entraîne une demande importante
alors que les pays producteurs _selftiennent leurs quotas de
production. Le stock d'essence des États-Unis s'est vidé de
8% en un an et ils viennent _selftenant s'approvisionner sur
le marché européen. Comme le pétrole se paye en dollars et que
le billet vert grimpe avec le baril, les consommateurs européens
sont doublement pénalisés.
Les consommateurs espagnols, pour protester contre une augmentation
de 13,2% du super depuis janvier, appellent à boycotter les
pompes chaque dernier dimanche du mois.
En Allemagne, certains réclament la suppression des taxes vertes
sur les carburants! L'Union européenne fait remarquer que les
compagnies ont tendance à augmenter leurs prix en même temps
de façon un peu étrange. Mais ce ne sont pas les pays industrialisés
qui sont les plus pénalisés par les prix du brut. Les pays pauvres
voient l'augmentation de la facture pétrolière se répercuter
directement sur leurs coûts de production, leurs industries
étant gourmandes en énergie. Le coût des importations de pétrole
du Brésil devrait être, cette année, en hausse de 150% par rapport
à 1999. Les pays en voie de développement ont vu leur consommation
progresser de 5% par an ces trente dernières années contre 1%
pour les pays riches. Ils représentent _selftenant 40% de la
demande mondiale contre 26% au début des années 70. Leur rendement
énergétique est deux fois moins bon que celui des pays industrialisés.
Dans les pays riches la croissance est alimentée par des nouvelles
technologies déconnectées du pétrole. Ce sont principalement
les automobilistes qui pâtissent des hausses du brut. (Ouest-France
27/03/2000 et 27/05/2000)
Trop cher pétrole?
La revue Alternatives économiques dans son n° de mai 2000 s'est
penchée sur l'incidence du prix du pétrole sur les efforts de
maîtrise de l'énergie. Le cours du baril de pétrole joue au
yoyo ces temps-ci. En effet de moins de 10 dollars au début
1999, il est passé à plus de 30 dollars début mars pour rechuter
à 20 ensuite. (L'article est paru avant la dernière augmentation).
A ce prix, on est revenu au niveau moyen de 1986. Et si la facture
pétrolière de la France a augmenté d'un tiers en 1999, elle
avait baissé d'un tiers en 1998. Elle représente moins d'1%
du PIB contre 4% en 1981. Maîtrise de l'énergie et essor du
nucléaire ont permis de faire passer le pétrole de 67% de la
consommation d'énergie primaire en 1973 à 40% aujourd'hui. Mais
quand le prix de l'énergie baisse, les efforts d'économie se
relâchent. L'intensité énergétique du PIB, c'est-à-dire la quantité
d'énergie nécessaire à la production d'une quantité donnée de
richesses, diminuait de 2% par an entre 1973 et 1982. Depuis,
elle ne diminue que de 0,5% par an. Ce qui est inférieur à la
croissance économique et donc n'empêche pas la facture énergétique
de progresser.
Depuis 1986, la consommation de pétrole augmente de 1,3% par
an. Et les émissions de gaz carbonique ont atteint 108,5 millions
de tonnes de carbone l'an dernier, soit 4 millions de tonnes
de plus qu'en 1990. On est encore loin de la stabilisation envisagée
lors des accords de Kyoto.
Ceci est principalement du aux transports : 3,7% d'émissions
de gaz à effet de serre en plus en 1999. Augmentation de 9%
du trafic des poids lourds alors que le trafic marchandise de
la SNCF recule de 1%, de même que le transport combiné rail
route. Quand aux voitures particulières, leur nombre a augmenté
de 3% et leur consommation ne décline plus.
Les prix actuels du pétrole n'intègrent pas le risque de pénurie
à moyen terme ni le coût de la pollution. L'essentiel de la
consommation nationale de pétrole se fait dans des secteurs
où l'électricité ne peut pas se substituer aux hydrocarbures
et où le programme nucléaire n'a donc pas d'influence. Le chauffage
électrique est un gâchis énergétique. La solution nucléaire
pose aussi d'autres problèmes non résolus comme le stockage
des déchets. Les énergies renouvelables ne pourront satisfaire
qu'une partie des besoins énergétiques. La maîtrise énergétique
est donc la solution pour réduire les gaz à effet de serre.
Mais pour que les investissements dans ces secteurs apparaissent
rentables, il faut un prix de l'énergie élevée.
Si les mécanismes du marché ne le permettent pas, une écotaxe
permettrait de faire monter progressivement les prix sur un
longue période. Le coût pour l'économie serait compensé par
la réduction des consommations.
Le gouvernement a prévu un tel dispositif pour 2001, compensé
par des baisses de charges sociales pour ne pas alourdir la
fiscalité. Mais les firmes industrielles grosses consommatrices
d'énergie avec peu de personnel et les transports routiers seront
perdants. Pour les premières des atténuations du montant de
l'écotaxe et un marché de permis négociables, pour les seconds
un rattrapage au ralenti des prix du gazole sur ceux de l'essence
devraient aider à faire passer la pilule. Mais il ne sert à
rien de taxer les carburants s'il n'y a pas d'alternatives à
la route.
C'est donc sur l'urbanisme et l'aménagement du territoire qu'il
faut également agir. Un document décrivant les priorités de
l'État en matière d'infrastructures, publié courant 2000, devrait
prendre en compte l'objectif de stabilisation des émissions
de CO2 entre 2010 et 2020.
L'auto, ça pue et ça pollue!
D. DRON de l'INRA a actualisé en mars dernier l'étude collective
de 1995 "Pour une politique soutenable des transports". Il a
été interviewé dans le n° 601 du 18 mai 2000 de Politis. Une
étude sur 9 villes montre que la pollution automobile entraîne
une mort anticipée de quelques se_selfes pour 265 personnes.
Une autre étude à long terme avec l'Autriche et la Suisse a
montré un impact de 30 000 morts anticipées par an soit l'équivalent
des accidents mortels de la route.
En ce qui concerne le bruit de la circulation, à la fin des
années 80 déjà, 7 millions de français étaient exposés à plus
de 70 db par jour et 20 millions à plus de 65 db. Un rapport
de 1998 constate que la situation s'est aggravée. Le gouvernement
va investir 150 millions/an sur 6 ans afin de résorber les points
noirs. On sait _selftenant que l'exposition au bruit entraîne
hypertension et maladies cardiaques.
La concentration commerciale influe également sur la pollution
automobile. L'Ademe a montré qu'entre un hypermarché situé à
10 km de son domicile et où on se rend une fois par se_selfe
en voiture et plusieurs supérettes approvisionnées deux fois
par se_selfe et où on se rend à pied ou avec les transports en
commun, la consommation d'énergie et l'émission de CO2 est 80
fois plus importante dans le premier cas, les polluants atmosphériques
200 fois plus importants et le bruit 20 fois.
Le transport routier à longue distance des marchandises augmente
très fort. On pourrait abaisser de 80%, avant 2030, les émissions
de CO2 sur les Alpes en tenant compte des technologies qui vont
apparaître et par des transferts modaux deux fois plus important
que ceux que le ministère des Transports demande au rail d'ici
2010.
Il faudrait que le prix des transports reflète leur signification
sociale, que le plus nuisant coûte le plus cher et que l'urbanisme
soit réorienté pour maîtriser la consommation. En ce qui concerne
les autoroutes, un rapport de 1999 de la Cour des Comptes montre
que, dans les critères de localisation des entreprises, la desserte
routière ne vient qu'en cinquième position. Dés 1993, le Conseil
général des Ponts et Chaussées et celui du Génie rural mettaient
en doute les effets positifs des infrastructures autoroutières,
signa-lant qu'elles tendaient à fragiliser les zones économiques
fragiles au profit des pôles concurrents. Le Conseil d'État
a décidé de conditionner une décision publique à un bilan positif.
D'autre part, la Fédération des Travaux Publics a estimé qu'une
infrastructure lourde ne crée que 1 emploi pour 1 million de
francs investi, alors que la réhabilitation urbaine encrée 8
pour la même somme. Toutes ces constatations n'empêchent pas
la même politique de se poursuivre puisque, au dernier Comité
interministériel d'aménagement et de développement du territoire,
le ministre des Transports devait annoncer des crédits de 30
millions de francs pour les routes et autoroutes jusqu'en 2006
et seulement 8 millions de francs pour le rail.
Et si on se déplaçait autrement ?
Le Département de psychologie de l'Université de Kiel en Allemagne
propose une expérience intéressante. Étudier chaque se_selfe
ses déplacements en voiture et les analyser ; un programme en
sept points, appelé sept pas vers une nouvelle mobilité qui
devrait nous conduire à réfléchir et changer nos habitudes.
Vous trouverez explications et mode d'emploi (dans un français
très approximatif qui rappelle un peu certaines notices d'appareils
japonais) sur le site : www.nordlicht.uni-kiel.de
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