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N° : 46 - Décembre 1998.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication : André ROUX. Rédacteur en chef : Jean GETIN
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AGENDA
Europe agricole, c'est l'affaire de tous! : Nous vous rappelons (cf.précédent EssenCiele) le débat organisé par un collectif d'associations (dont l'Alliance Paysans Écologistes Consommateurs, Cohérence
) à
Rennes, à l'ENSAR, le 12/12/98 à partir de 9 heures. Son titre : "Pour une politique agricole européenne respectueuse de l'environnement." Inscriptions : 60F (20F pour les étudiants et chômeurs). Prendre contact avec Cohérence B.P. 56131 35056RENNES Cedex 2
L'eau, enjeu économique : Le GALCOB (Groupe d'Action Locale pour le développement du Centre Ouest Breta-gne) organise un colloque, le vendredi 11/12/98 à Mur-de-Bretagne. Le thème en est "L'eau, enjeu
économique pour le dé-veloppement du Centre Ouest Bretagne". Les nombreux intervenants traiteront le matin, de l'état des lieux de la res-source en eau et l'après-midi, des expériences et initiativeslocales. L'inscription est obligatoire. Guillaume Leclercq - GAL-COB (02 96 29 26 53 Fax : 02 96 29 08 79 : glemeur.@aol.com)
Conseil d'Administration : Il aura lieu le lundi 14 décembre à 20 h 30 au CIELE
VU DU CIELE
Chauffage électrique : faîtes de la résistance! : C'est le titre de la campagne lancée par le réseau sortir du nucléaire. L'aban-don du chauffage électrique permettrait d'arrêter en France 8 à 10 réacteurs nucléaires. Alors comment sortir du tout électrique sans retourner à la bougie? A court terme, on peut faire des économies d'énergie en remplaçant les ampoules classiques à fila-ment par des ampoules basse consommation, en arrêtant les consommations cachées dues à la veille des appareils. A moyen terme, en choisissant du matériel économe en énergie lors du renouvellement de son frigo, de sa cuisinière, de sa machine à la-ver le linge ou la vaisselle
, en choisissant d'autres modes de chauffage du logement ou de l'eau chaude sanitaire que l'électri-cité.
Les organismes sociaux savent bien que le chauffage électrique est une calamité, eux qui se trouvent confrontés aux problèmes des impayés d'énergie. C'est pourquoi l'expérience des HLM de Poitiers est exemplaire. Une large majorité des familles(68%) ont décidé lors de travaux de rénovation, d'opter pour le gaz en remplacement du chauffage électrique. Les travaux ont pris une journée par logement. La faible hausse des loyers est compensée par une baisse des charges et un confort amélioré. La campagne proposée par "Sortir du nucléaire" consiste en un envoi de cartes postales au ministère de l'emploi et de la solida-rité et à l'Assemblée nationale.
Sortir du nucléaire, 9, rue Dumenge, 69004 LYON ( 04 78 28 29 22
: www.sortirdunucleaire.org
rezo@sortirdunucleaire.org
Adoptez le soleil! : Gilles REGNIER, adhérent du Ciele, vient de créer Hélios Énergies Ouest, entreprise commerciale desti-née à promouvoir les énergies dites "renouvelables" et plus particulièrement le solaire thermique. Si vous avez un projet de construction ou de rénovation ou d'extension, n'hésitez pas à vous renseigner auprès de lui sur les produits CLIPSOL. Utilisez aujourd'hui les énergies de de_self, mettez du soleil sous vos pieds avec le P.S.D â (Plancher So-laire Direct).
Gilles REGNIER, Les Chatelliers, 35230 St ERBLON ( 02 99 05 17 00
Fax : 02 99 05 17 01
ÉCHOS LOGIE :
Les conférences se suivent
et se ressemblent
Rio, Kyoto, Buenos-Aires, autant de destinations exotiques, autant de conférences sur le climat, autant de bonnes résolutions plus ou moins tenues (plutôt moins que plus). Pendant ce temps, les gaz à effet de serre continuent à nous pomper l'atmosphère et le trou dans la couche d'ozone s'agrandit.'
Buenos-Aires : Jacques Quantin, d'Éoliennes en Bretagne a participé à la conférence de Buenos-Aires. Il livre ici ses impressions. L'an passé, la conférence de Kyoto avait constitué un événement majeur. Pour la première fois, les pays industrialisés se fixaient des objectifs contraignants de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre.
Face à une coalition forte constituée de la "bulle" européenne et du groupe des 77 (les pays en voies de développement) plus la Chine, les États-Unis (ce pays est le plus gros pollueur de la planète) acceptaient finalement de se fixer un objectif de réduction de 8% de leur émissions de gaz d'ici 2012, en référence à leur niveau d'émissions de 1990. A Buenos-Aires cette année, les négociations portaient sur les règles de mise en uvre d'un certain nombre de mécanismes éco-nomiques seulement énoncés dans le protocole de Kyoto. Ces outils économiques, du moins dans leurs principes généraux, ont alors été adoptés afin d'aider les pays à respecter leurs engagements. Si les États-Unis avaient cédé l'an passé sur la forme, ils n'ont cette fois rien cédé sur le fond. La conférence des parties de Buenos-Aires n'a pas permis d'obtenir un seul accord. Elle a surtout mis en exergue les divergences de positions des forces en présence. Les Américains souhaitent d'une part pouvoir utiliser ces mécanismes économiques (permis de polluer, mécanismes de développement propre
) avec le maximum de liberté. L'une des idées défendues par les USA peut se résumer ainsi : ils achètent des droits de polluer aux pays les moins pollueurs et peuvent ainsi se permettre de réaliser le minimum d'efforts sur leur propre territoire et continuer ainsi à se développer au mépris des autres nations et de l'environnement planétaire. C'est de cette façon que les lobbies pétroliers et automobiles pourront continuer tranquillement leur "business".
Cette position est absolument inacceptable pour les pays en voie de développement. L'Europe quant à elle, si elle a finalement accepté le principe des permis négociables, souhaite que des règles d'utilisation et de contrôles soient clairement établies. Les pays européens souhaitent aussi que les pays industrialisés donnent la priorité aux actions et mesures domestiques d'où la né-cessité de fixer un plafond à l'utilisation des mécanismes de flexibilité. D'autre part, les États-Unis exigent que les pays en voie de développement adoptent dès _selftenant des mesures de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Le groupe des 77 et la Chine rejettent catégoriquement cette position. Pourquoi un pays ne disposant pas des moyens d'éclairer correctement un hôpital devrait réaliser le même effort qu'un autre pays dont les foyers disposent de deux ou trois voitures ?
Il faut _selftenant espérer que lors des prochaines négociations (fin 99) le courage et la raison l'emporteront sur des intérêts économiques et financiers égoïstes qui ne vont certainement pas dans le sens d'un développement durable de la planète au bé-néfice de l'ensemble de ses habitants. Un autre fait marquant à Buenos-Aires était la venue en force des pronucléaires. L'examen de la liste des participants l'a con-firmé : les représentants du lobby nucléaire étaient trois fois plus nombreux qu'à Kyoto. La présence de groupes comme Young Génération Network ou les Women In Nuclear ( ! ) ne passait pas inaperçue. Alors que cette industrie décline à travers le monde, le débat sur la réduction des gaz à effet de serre constitue pour les partisans de l'atome un moyen de rebondir. Du moins le croient - ils.
Leur slogan est on ne peut plus clair : "l'énergie nucléaire, c'est zéro émission de gaz à effet de serre". Les représentants français regroupés au sein du Réseau Action Climat France n'ont cessé de dénoncer cette hypocrisie. La dissémination de la technologie nucléaire ne ferait que déplacer le risque. Interrogés sur leur position vis à vis de cette énergie, les délégués européens ont majo-ritairement réitéré leur souhait de sortir du nucléaire. La France s'est distinguée avec 80% de son énergie produite à partir de cette source énergétique et le flou politique qui entoure cette question. Notre pays est apparu de ce point de vue de plus en plus isolé.
Le choix de recourir au nucléaire n'est pourtant pas inéluctable. Des solutions existent pour à la fois respecter nos engagements de Kyoto et sortir progressivement du schéma énergétique qui domine encore en France. On peut citer le développement des énergies renouvelables (éolien, solaire, bois - énergie
) et l'efficacité énergétique.
Les volontés politiques dans ce do_selfe doivent continuer à s'exprimer. La nouvelle loi d'orientation et d'aménagement du territoire va dans le bon sens et constitue une avancée intéressante. Pour la première fois, les régions sont amenées à élaborer un schéma énergie en vue d'établir les futurs plans cadres État - Région. Des mesures concrètes, des objectifs chiffrés pourraient être définis. Les associations bretonnes, dans leur diversité, constituent une réelle force de proposition et d'action. Elles sont en mesure d'encourager de nouvelles orientations politiques régionales dans ce do_selfe. Certains pensent depuis un certain temps à la création d'un réseau associatif breton sur l'énergie. L'enjeu que repré-sente l'élaboration du futur plan cadre État - Région pourrait constituer un catalyseur à sa création.
Effet de serre, trou dans la couche d'ozone, etc. : Glanées sur le serveur de l'Ambassade de France aux États-Unis, quel-ques nouvelles de la planète. Les États-Unis s'apprêteraient à signer les accords de Kyoto
si certains points sont clarifiés à la conférence de Buenos-Aires. Le protocole de Kyoto a été signé par 57 nations incluant les grandes puissances économiques (sauf USA) mais il n'a été ratifié que par un seul pays, Fiji! La signature des USA n'est pas du tout certaine car le Sénat va sans doute s'y opposer.
Deux géophysiciens du Michigan ont pu retracer, à partir de forages, l'évolution de la température de la planète depuis 50 000 ans. Le réchauffement moyen au cours des derniers siècles corrobore la théorie de l'effet de serre. D'après la NASA et l'Agence Nationale pour l'Océan et l'Atmosphère, le trou de la couche d'ozone sur l'antarctique devrait at-teindre des proportions record cette année. Les bénéfices du protocole de Montréal,signé en 1987, pour bannir les gaz respon-sables du phénomène ne devraient se faire sentir que dans 20 ans!
Effet de serre et publicité mensongère : A l'occasion de Buenos Aires, Framatome s'est offert un 4 pages encarté dans divers magazines : on peut y lire "pour éviter l'effet de serre, il y a aussi l'énergie nucléaire, ne l'oublions pas" - c'est un discours que l'on connaît bien de la part des pro-nucléaires. Mais, il y a pire : en dernière page de
ce document, dans l'énumération des qualités non polluantes du nucléaire on peut lire "l'industrie nucléaire, contrairement à beaucoup d'autres, stocke et gère l'intégralité de ses déchets". Nous sommes contents de l'apprendre. Cette publicité évidemment mensongère n'a pas été attaquée (à notre connaissance). En attendant on peut toujours inonder leur forum : www.framatome.com
Centre de doc
1 - 2 - 3 INTERNET : Allez surfer sur la vague des énergies renouvelables. Le site du Ciele est "on line".Tapez : ciele.org - Vos avis sont précieux pour cette nouvelle adresse Internet qui doit évoluer, bouger. Alors n'hésitez pas. En vente : Le livre d'Hélène CRIE et Michèle RIVASI "Ce nucléaire qu'on nous cache" est en vente au centre de documentation (120 francs).
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