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N° : 45 - Novembre 1998.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication : André ROUX. Rédacteur en chef : Jean GETIN
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AGENDA
2ème carrefour national Citéphile : Rencontre des praticiens de l'éducation à l'environnement urbain, des élus, techniciens, institutions, à ARRAS, du 2 au 5 décembre 1998, sur le thème "Citadins et citoyens". Quatre jours de réflexion et d'échanges d'expériences : l'initiative de l'habitant, la place de l'éducation à l'environnement urbain dans les agendas 21, la complémentarité culture/social/environnement.
Renseignements et inscriptions : Écosystèmes, 16 rue Henri Kolb 59000 LILLE.
Salon Passiflore : L'association La Passiflore du pays de FOUGÈRES (35) de protection de la nature et de l'environnement organise son 7ème salon "Environnement et alternatives", le dimanche 6 décembre 1998 de 10
h à 19 h, au Centre Culturel J. Drouet, à FOUGÈRES. Au programme : vente de produits biologiques, expositions et stands, animations et spectacle enfants. Le CIELE y sera et animera l'exposition sur les pesticides et le jardinage (dont il est question ci-dessous) et pour faire découvrir son site Internet sur les énergies renouvelables. Le salon est accompagné de conférences : le 23/11 avec Patrick Baronnet, le 5/12 avec Avel Pen Ar Bed (éolien), le 6/12 avec l'association Phébus (solaire photovoltaïque). Contacts : J.P. LE BEDEL : 02 99 99 23 45 et M. Cl. LANGLOIS : 02 99 95 44 16
L'Europe agricole, c'est l'affaire de tous! : Nous vous rappelons (cf.précédent EssenCiele) le débat organisé par un collectif d'associations (dont l'Alliance Paysans Écologistes Consommateurs, Cohérence) à Rennes, à ENSAR, le 12/12/98 à partir de 9 heures. Son titre : "Pour une politique agricole européenne respectueuse de l' environnement." Inscriptions : 60F (20F pour les étudiants et chômeurs). Prendre contact avec Cohérence B.P. 56131 35056RENNES Cedex 2
VU DU CIELE
Pesticides stop! : La MCE, le CIELE, le Forum urbain, ont réalisé uneexposition sur les pesticides et le jardinage intitulée : "Pesticides,danger ; effets sur la santé, l'eau et l'environnement." Elle va circuler dans les communes du district de Rennes pendant 6 mois. Unguide pratique à l'usage du jardinier amateur complète l'exposition. Cedocument de 28 pages, vendu 5F + port, comporte en particulier une liste des matières actives à boycotter et des conseils pour jardiner autrement. Renseignements : CIELE : 02 99 54 42 98
Prix citron : Certaines Sociétés de Protection de la Nature ont l'habitude de délivrer, lors de leur congrès, des prix oranges et des prix citrons. Notre prix citron irait à l'Association Force Ouvrière Consommation qui dans un communiqué de presse rageur s'est violemment opposée à la journée sans voitures du 22 septembre. Voici la fin de ce communiqué : "Top (sic) c'est trop, face aux interdits, aux Plans Urbains de Limitation de la Circulation, aux Pastilles, aux Ecotaxes, à la fiscalité verte, aux attaques dogmatiques, une seule réponse "ça SUFFIT" et un slogan "j'aime ma ville, je veux qu'elle vive, j'y roule en automobile". Avec un masque à gaz: (NDR).
ÉCHOS LOGIE : Un avenir (ir)radieux!
L'atome en folie est partout. Entre les résidus laissés par les utilisations médicales, ceux en plus grandes quantités échappés des utilisations industrielles, et ceux encore plus inquiétants trafiqués à partir des pays de l'Est, les compteurs Geiger ont de quoi crépiter. Tout cela n'est pas grave, nous dit-on, cela dépasse à peine la radioactivité ambiante de certaines régions granitiques. Sauf que tout cela s'ajoute à la radioactivité ambiante et que certains scientifiques pensent que même les faibles doses sont dangereuses! Boues radioactives : L'usine d'épuration de Beaurade traite les eaux usées de Rennes. Après traitement, l'eau épurée est rejetée à la Vilaine tandis que les boues récupérées sont incinérées à l'usine de Villejean. L'alerte a été donnée en septembre 1997, lorsque le site l'enfouissement technique de Changé qui reçoit les REFIOM, résidus de l'incinération, a décelé des traces de radioactivité. L'usine de Villejean s'est depuis lors également équipée d'un portique de détection et la radioactivité de certains chargements de boues a ainsi pu être vérifiée. Cette radioactivité faible (10 Becquerel/litre - la limite maximale est de 7 Bq/l) est due à de l'iode131. Ce produit utilisé par la médecine nucléaire a été localisé à la concentration de 850 Bq/l dans le collecteur de Pontchaillou. Le centre Eugène-Marquis serait à l'origine de la pollution. L'iode131 y est utilisé lors du diagnostic et du traitement des cancers du foie et de la thyroïde. C'est un produit à durée de vie courte. Il perd la moitié de son activité au bout de 8 jours. Les urines des malades sont donc stockées dans des cuves quelques mois, jusqu'à ce que la valeur de 7 Bq/l soit atteinte. (Une directive européenne qui va sortir autoriserait des rejets jusqu'à 100 Bq/l). La pollution constatée à Rennes pourrait venir du linge et des selles des malades. Le centre Eugène-Marquis objecte que le rayonnement de l'iode131 n'est pas plus dangereux que le rayonnement solaire et que les portiques de détection installés dans les stations de traitement des
déchets sont réglés arbitrairement à deux fois la radioactivité naturelle car aucune norme n'en fixe le seuil. (Ouest-France 26-27/09/98).
Rennes n'est pas la seule a être concernée par ce problème. Une pollution de la Meuse par l'iode131 a également été constatée. Une malade avait reçu en traitement une dose de quelques millilitres de ce produit et est rentrée chez elle. Le produit a été évacué par les voies naturelles et le réseau d'eaux usées qui se jette dans la Meuse. Une station d'analyse se trouvait à la sortie du village de la malade, c'est ce qui a permis de détecter la pollution. Politis du 24/09/98 qui signale le fait, le met en parallèle avec la conférence internationale de l'Agence Internationale de l'Énergie Atomique (AIEA) qui s'est réunie à Dijon. Le sujet était : Comment mieux surveiller la prolifération des sources radioactives: En France, par exemple, on ne sait pas ce que sont devenues les nombreuses aiguilles au radium utilisées pendant des décennies dans les hôpitaux. Et dans d'autres pays, c'est pire! Réponse de l"AIEA "les raisons de ce manque d'intérêt apparent, alors que les accidents arrivent, sont dues au fait qu'on tenait pour acquis que chaque pays avait ses propres règles dans ce do_selfe, ce qui était faux." La conférence de Dijon ne va pas déboucher sur des "mesuresconcrètes et précises" mais les conclusions seront rendues publiques.
Pisser dans un violon quoi!
Les champignons aussi : Avec l'automne arrivent les champignons. Ceux de nos marchés seraient de plus en plus atomiques. Surtout ceux qui nous arrivent des steppes de Russie, Bélarus et Roumanie. Un des lots des 6 tonnes de girolles découvertes à Rungis atteignait 7470 Bq/kg soit 11 fois la limite instaurée après Tchernobyl. Il faudra trois siècles pour que le Césium déposé par la catastrophe disparaisse des forêts d'Europe.
Il n'y a pas que les champignons! On a retrouvé un excavateur de plusieurs tonnes à coté d'un village de l'Oural. Il présente une radioactivité considérable. En France aussi, on a retrouvé, en juillet, dans l'incinérateur d'une commune de l'Essonne des déchets radioactifs. (Politis du 8/10/98) Aux USA, c'est l'armée américaine qui est sur la sellette. Dans l'état de Washington, se trouve, sur la rivière Columbia, un lieu enchanteur, Hanford site. C'est là que l'armée montait ses bombes. Un organe de surveillance vient de révéler que jusqu'en 1989, une grande partie des 1600 milliards de litres de déchets nucléaires liquides produits ont été déversés dans des mares ou le sol. 200 millions de litres, les plus dangereux, ont été stockés dans des réservoirs souterrains dont un tiers fuit. Plutonium, strontium, césium se sont infiltrés dans le sol (mais ça ne se ferait que très lentement nous dit-on pour nous rassurer). La nappe phréatique est contaminée sur 221 km. Le coût de la dépollution est évalué à 50 milliards de dollars, donc elle ne sera jamais faite. 175 000 personnes vivent en aval du site. En France, une pollution au tritium a été détectée dans les eaux près du centre de l'armée à Valduc en Côte-d'or. Depuis, silence! (Politis -2/04/98).
Tourisme nucléaire : Pour compléter le tableau, on a pu voir récemment, au journal télévisé, St PARDOUX, petite commune de la Haute-Vienne qui craignait pour son lac. Une vidange d'entretien a étéfaite et on s'est aperçu que la vase était radioactive. La remise en eau a été retardée et les villa-geois craignent pour la future saison touristique car ce lac était le principal attrait de la commune et en attirant des estivants faisait vivre les commerçants.
L'origine de la radioactivité n'est pas vraiment une surprise, car des installations d'exploitation de l'uranium ont existé dans la région et de nombreux sites sont pollués à la suite de cette activité. Nucléocrates français : Hélène CRIE, journaliste à Libération, et Michelle RIVASI, fondatrice de la CRII-RAD, viennent d'écrire un livre "Ce nucléaire qu'on nous cache". Interviewée dans OUEST-France du 3-4/10/98, H. CRIE déclare qu'elle a voulu montrer ce qui se cachait derrière l'enveloppe en rose bonbon du nucléaire en France. Depuis le début, le nucléaire est aux _selfs d'une caste, le corps des Mines. Il y a peu de contre-experts. Il faut en finir avec le principe du contrôleur - contrôlé : l'organisme de contrôle, l'IPSN (Institut de Protection de la Sûreté Nucléaire) doit être séparé du CEA (Commissariat à l'Énergie Atomique). Il y a aussi, en France, un problème d'interprétation des normes : on considère que tant qu'on n'a pas atteint le maximum autorisé, ce n'est pas dangereux. Ailleurs, le maximum est non seulement une limite à ne pas dépasser, mais un horizon qu'on ne doit pas approcher. Toute dose de radioactivité est susceptible d'avoir un impact sur la santé. Il faut tendre vers le zéro rejet. En ce qui concerne l'avenir du nucléaire, il est fait surtout de questions : Sommes nous à l'abri d'un accident, même 10 fois moins grave que Tcher-nobyl: Que faire des déchets et notamment du plutonium que nous produisons en masse: Qu'allons nous faire des produits de démantèlement de nos 55 réacteurs après 2015: Il peut y avoir un avenir sans nucléaire en diminuant les consommations d'énergie électrique, en diversifiant les sources d'énergie et notamment en développant les énergies renouvelables. Nucléocrates russes : Actuellement, en Russie, Alexandre Nikitine est jugé pour haute trahison. Le crime de cet ancien ingénieur militaire est d'avoir dénoncé en apportant les preuves, le délabrement nucléaire de son pays. Il est vrai qu'il est particulièrement bien informé. Il a été le capitaine de la flotte du Nord chargé de l'inspection des sous-marins nucléaires. D'après lui, 24 000 tonnes de combustibles irradiés et 21000 m3 de déchets radioactifs sont stockés sans aucune précaution dans la presqu'île de Kola, à quelques km des côtes norvégiennes. Dessous-marins nucléaires pourrissent dans la région de Mourmansk. Pour avoir dénoncer cela, il risque 20 ans de prison et sa femme a été contrainte à l'exil. (OUEST-France - 23/10/98).
Centre de doc
Le livre de Hélène CRIE et Michelle RIVASI "Ce nucléaire qu'on nous cache" (dont il est parlé plus haut) est disponible au centre de doc.
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