Centre d'Information sur l'Energie et l'Environnement
energie environnement en Bretagne : ciele, centre d'information de rennes.

N°:115 - Avril 2005 - 12 ème année.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication :
André ROUX.

Rédacteur en chef : Jean GETIN


 

AGENDA

Rouler à l'huile ?
L' Association "Roule Ma Fleur" (Lozère), la Scop Kejal (Morlaix), la Sarl Dazont (Plouneour Menez), l'association Heol (Morlaix) organisent, pour tous ceux qui veulent avancer dans une plus grande autonomie énergétique un stage de formation et une réunion/débat.
Stage de formation : " Comment adapter son véhicule à l'huile végétale ?" jeudi 7 et vendredi 8 Avril 2005 - (15 personnes maxi) ;
Réunion débat : " L'huile végétale : carburant du futur ? " samedi 9 Avril 2005,
à 14 h au Lycée Agricole de Suscinio - 29600 Morlaix

30ème anniversaire de la victoire contre la centrale nucléaire d'Erdeven (56)
Conférence, forum, moules frites le 9 avril à Erdeven de 11 à 18H30.
Tél. : 02 97 40 31 12

Forum multiculturel de Tinténiac
Organisé par l'association " Tinténiac pour tous " (forum citoyen avec artisans locaux). La Mce, le Ciele et Greenpeace y tiendront un stand sur l'habitat, les énergies renouvelables et le développement durable à l'espace Ille et Donac le Samedi 9 avril de 14 à 18 heures.

Fribourg, terre Bio et cité solaire
Soirée débat animée par un groupe de stagiaires (de retour d'un voyage d'études à Fribourg) en agriculture biologique le mardi 12 avril 2005 à partir de 20H30 au Lycée Théodore Monod - route de Cintré - Le Rheu
Tél. : 02 99 60 87 77

Assemblée générale de la FNAUT
Le samedi 16 avril à 10h30 à Paris : www.fnaut.asso.fr

Grande fresque humaine antinucléaire
Rendez-vous à Nantes, le 23 avril à 14 H, à la prairie aux ducs, à l'ouest de l'île Beaulieu - Arrêt tramway (ligne 1) : Chantiers Navals - Pour écrire: " Le nucléaire tue l'avenir, Sortons-en " 280 mètres de long, 70 mètres de large, 32 lettres... 10 000 personnes... un évènement exceptionnel..., qui fera date dans l'histoire du nucléaire!!! Qui dit évènement exceptionnel, dit aussi très grosse organisation (200 bénévoles)
Vous souhaitez donner un coup de main, envoyez un mail à :
simonroullaud@club-internet.fr



ECHOS LOGIE - Un printemps morose !

Non, je ne vais pas vous parler du temps et des giboulées de mars, mais de giboulées bien plus dangereuses, celles de nos Assemblées, qui mettent les éoliennes à l'eau et l'eau dans un sale état…

Souffle coupé pour les éoliennes !

Elles étaient un peu habituées ces pauvres éoliennes ; dès qu'elles pointaient le bout de leurs pales, elles se voyaient accuser de tous les maux : bruyantes, inesthétiques, tueuses d'oiseaux, dévoreuses de béton, inefficaces… j'en passe et des meilleurs (je vous engage à taper " éolien " ou " éoliennes " sur votre moteur de recherche préféré et vous les verrez apparaître tous plus quelques autres, assénés sur le ton indigné du défenseur de " son " environnement ou sur le ton posé et doctoral du " scientifique " à qui on ne la fait pas !). *1

Mais le coup de grâce a été porté par trois Don Quichotte partis en lutte contre ces modernes moulins à vent (avec le prétexte de les préserver quand même) ; Mrs OLLIER, POIGNANT et GONNOT, députés de leur état et instigateurs d'amendements qu'ils ont défendus lors du vote de la loi sur l'énergie. *2
P. OLLIER met en avant la spécificité française : l'Allemagne ou l'Espagne qui produisent 50% de leur électricité en émettant des gaz à effet de serre doivent développer les énergies renouvelables pour compenser ce taux élevé, mais la France, grâce au nucléaire et à l'hydroélectricité, produit 95% de son électricité sans effet de serre et n'est donc pas soumise aux mêmes impératifs. Mais cependant dans les 5% qui restent, il veut bien faire une place à l'énergie éolienne. Cependant le taux de rachat lui reste un peu en travers de la gorge et, " étant également chargé de l'environnement, [il] n'admet pas la prolifération anarchique des éoliennes, qui portent atteinte à des paysages prestigieux méritant d'être protégés. ". Apparemment, les pylônes électriques qui partent des centrales nucléaires ne passent pas dans des paysages prestigieux car ils ne déclenchent pas chez lui les mêmes crises d'urticaire. Et que dire de l'absence de goût esthétique de nos voisins européens (ou de leur absence de paysages prestigieux peut-être), eux chez qui les installations éoliennes sont beaucoup plus développées que chez nous ? Le journal de l'environnement *3 nous apprend que la capacité éolienne a progressé de 20% l'an dernier dans le monde. En Europe, l'Espagne bat l'Allemagne d'une courte pale (2064 MW implantés contre 2054 MW).
P. OLLIER a également constaté que le plafond de 12 MW, fixé par la précédente loi pour l'achat par EDF de l'électricité produite, n'a pas permis à l'éolien de se développer et a favorisé la multiplication de petits projets. Sa proposition est donc de remplacer le plafond par un plancher de 20 MW en dessous duquel l'électricité ne serait plus rachetée par EDF.

Y. COCHET reconnaît que le plafond de 12MW ne reposait sur aucune base scientifique. Il veut bien le relever à 50 MW, mais il considère qu'il ne devrait y avoir ni plafond ni plancher pour les éoliennes ni pour l'ensemble des énergies renouvelables susceptibles de fournir de l'électricité. Il a également ajouté " Un vrai écolo regarde l'environnement et les sources renouvelables disponibles. Il y a des départements que l'éolien n'intéresse pas du tout parce qu'il n'y a pas de vent sur leur territoire. Dans d'autres régions, c'est la biomasse, le biogaz ou le photovoltaïque qui présente de l'intérêt et la fixation d'un plafond ou d'un plancher dans ce cas, ne veut rien dire. ". Un autre député, M. de COURSON propose que ce soit les Conseils Généraux qui décident des zones d'implantation des éoliennes à travers des schémas définis par des élus.

P. TOURTELIER a repris point par point l'argumentation de P. OLLIER.
- le système actuel est inefficace ? Il montre que le développement de l'éolien est au contraire bien réel et que la proposition des députés va tuer dans l'œuf un système qui prenait son essor.
- On assisterait à des implantations anarchiques ? Quand on regarde le nombre de permis de construire refusés, on constate qu'au contraire la circulaire du 10/09/2003 encadre très nettement les implantations. Quant aux permis accordés, on constate une moyenne de 5 MW par permis donc bien en dessous du plancher proposé.
- Les éoliennes porteraient atteinte à l'environnement ? Il y a actuellement 50 000 châteaux d'eau, 100 000 pylônes électriques et à l'horizon 2010, il y aura 4 000 éoliennes !

F. BROTTES pense que cet amendement déstabilise l'ensemble des filières industrielles liées aux énergies renouvelables, les acteurs craignant des règles qui peuvent changer à tout moment. " Quant à l'argument relatif aux paysages, c'est une autre filière qu'il déstabilisera, celle des interconnexions à très haute tension, qui concernent pourtant l'énergie dans son ensemble. Le risque est réel que, pour lutter contre les interconnexions, on emploie les mêmes arguments que ceux que vous évoquez à propos de l'éolien aujourd'hui. "
L'amendement adopté en deuxième lecture fixe donc un plancher à 20 MW pour l'achat par EDF. L'accord du permis de construire sera du ressort du Préfet après concertation avec les communes riveraines et la commission des sites.
Certain voient dans cet amendement la main du géant nucléocrate. Peut-être est-ce seulement de la part des rapporteurs un soupçon de concurrence déloyale de la part des éoliennes ? Certains députés en campagne étant aussi habitués à brasser du vent.
Il reste encore un passage au Sénat ; peut-être les Sénateurs, eux, iront-ils dans le sens du vent de l'Histoire !

1. Il y a aussi de bons sites comme www.planete-eolienne.fr où on trouve justement toutes les réponses aux élucubrations vues sur les sites précédents.

2. Les débats concernant ce vote peuvent être consultés intégralement sur le site www.assembleenationale.fr/12/cri/2004-2005/20050191.asp . La partie concernant l'amendement en question se trouve vers la fin de la séance.

3. journaldelenvironnement.net


Une loi qui tourne en eau de boudin !

Du coté de l'eau, ce n'est guère mieux. Les sénateurs se penchent actuellement sur le problème de l'eau. Le projet de loi sur l'eau a pour but de respecter les objectifs fixés par une directive européenne du 23/12/2000.

C'est-à-dire :
- parvenir à terme de 15 ans au bon état des eaux ;
- réduire, voire supprimer, les rejets de substances dangereuses ;
- faire participer le public à l'élaboration et au suivi des politiques ;
- tenir compte du principe de récupération des coûts des services liés à l'utilisation de l'eau. *4

Le ministère de l'écologie reconnaît que les résultats actuels ne sont pas bons : un bilan de l'institut français de l'environnement pour l'année 2002 constate que " des pesticides sont présents dans la majorité des 5 800 stations d'observations réparties sur le territoire national : on a retrouvé au moins une fois des substances actives recherchées dans 80% des stations en eau de surface et 57% en eau souterraine, avec des niveaux de contamination variables tels que les milieux aquatiques peuvent être perturbés, et les seuils admissibles pour la production d'eau potable sans traitement spécifiques aux pesticides dépassés. Par ailleurs, quasiment la moitié du territoire national est classée " zones vulnérables " c'est à dire dont la concentration des eaux en nitrates est supérieure à 40 mg/l, ou dans lesquelles des phénomènes d'eutrophisation sont constatés. "

Le projet de loi présente un certain nombre de mesures organisationnelles :
- la police de l'eau assurée aujourd'hui par les directions départementales de l'agriculture, de l'équipement et des affaires sanitaires et sociales devrait l'être par un service départemental unique ;
- les compétences des communes sur le contrôle et la fiscalité devraient être élargies et l'organisation de la pêche réformée ;
- le rôle du comité de bassin sera renforcé ;
- le système de redevance sera encadré par le parlement et simplifié.
Ce projet soulève le mécontentement du milieu associatif et des hydroélectriciens. Quelles sont les critiques ?
En ce qui concerne les barrages, à l'horizon 2013, il faudra maintenir dans les rivières un débit réservé de 1/10e, soit 4 fois moins qu'actuellement, mais modulable sur l'année. Cette mesure, pourtant prévue par la loi depuis 1984, est contestée par les hydroélecticiens (EDF) qui craignent une diminution de leur production d'énergie. Les associations écologistes et de pêcheurs quant à elles, voudraient remonter le seuil à 1/20e.

Mais le principal reproche fait par les associations de consommateurs et de défense de l'environnement, c'est l'abandon du principe polluer-payeur. Les agriculteurs qui produisent 74% des nitrates et consomment 90% des pesticides, ne vont contribuer que pour 4% au budget de la dépollution des agences de l'eau ! Il devrait y avoir de l'animation au Sénat ces jours-ci. Espérons que ça fasse plus que des ronds dans l'eau ! (OUEST-France 5 et 6/04/05 ; Transrural initiatives 8/02/05 ; journaldelenvironnement.net)

4. www.ecologie.gouv.fr/IMG/eau/expose_motifs.pdf



Adhérez ou réadhérez au CIELE !

Adhésion + abonnement Essenciele : 20 €

Chômeurs, étudiants, carte jeune : adhésion + abonnement : 8 €

Associations: 32 € et plus si affinités...

Collectivités locales : petites 80 €, grandes 200 €


energie environnement en Bretagne : ciele, centre d'information de rennes.
le Ciele I centre de documentation I essenciele I énergies renouvelables
visite guidée I carnet d'adresses I forum I nous contacter