Centre d'Information sur l'Energie et l'Environnement
energie environnement en Bretagne : ciele, centre d'information de rennes.

N° : 114-Mars 2005 - 12 ème année.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication :
André ROUX.

Rédacteur en chef : Jean GETIN


 

AGENDA

AG de COHERENCE
Le samedi 12 mars à Carhaix
Info au 02 97 84 98 18 ou sur www.reseau-coherence.org

Salon Vivre Autrement
Parc Floral de Paris du 18 au 21 mars (nous avons deux invitations si des adhérents sont intéressés)
www.spas-expo.com

TERRE
La deuxième édition du salon TERRE se déroulera les 19, 20 et 21 mars au Palais des Congrès de Lorient. Cette manifestation est consacrée au développement durable et à ses applications quotidiennes et concrètes sur notre territoire.
En avant-première de cette manifestation, une conférence est organisée le vendredi 18 mars à 20h00 au Palais des Congrès de Lorient, avec pour thème "Les enjeux du développement durable au niveau planétaire et les applications au niveau local. Animateur Denis Cheissoux journaliste à France Inter - Grand témoin : Jean-Marie Pelt, intervenants : Norbert Métairie, Président de Cap l'Orient ; Jean-Yves Laurent, Vice-Président chargé de l'environnement ; M. Hartwig, ingénieur et directeur de l'agence " Freiburg Futour " ; Ladislas Fnouka, directeur général de la région Bohème du sud en République Tchèque ; Lucy Amado, représentante d'une ONG colombienne.
www.salon-terre.org

Salon Bio et Environnement
Le dimanche 27 mars 2005 à la salle de l'Atrium de Romagné (proche Fougères) de 10h00 à 19h00.

Déchets
Amorce organise deux journées d'études "Quelle gestion pour les déchets organiques aujourd'hui ?" les 30 et 31 mars 2005 au Palais des Congrès de Lorient.
Infos au 04 72 74 09 77 ou lverrier@amorce.asso.fr

AG de la FNAUT
Le samedi 16 avril à 10h30 à Paris (info au Ciele)
www.fnaut.asso.fr

VU DU CIELE

Manifeste pour le vent !

La fédération d'associations " Planète éolienne " lance un manifeste pour le vent.
Nous, citoyens, élus, responsables d'associations, militants de l'environnement… voulons voir se développer, en France, l'énergie éolienne.
Il ne s'agit pas d'installer des éoliennes partout et n'importe comment : l'utilisation de cette énergie, modèle technologique pour un développement durable, se doit d'être qualitative. Toutes les erreurs, inattentions, maladresses … font du tort à ce moyen moderne de produire de l'électricité.
L'énergie du vent, parfaitement renouvelable, efficace contre l'effet de serre et non-productrice de déchets dangereux, doit assurer une part de plus en plus grande de notre électricité.
La France est le deuxième pays européen en matière de potentiel éolien et seulement le 11ème producteur européen d'énergie éolienne.
Le développement de l'énergie éolienne, tout comme celui des autres énergies renouvelables (solaire thermique et photovoltaïque, hydraulique, biomasse, géothermie, …) doit s'inscrire dans une démarche de sobriété et d'efficacité énergétiques.
Je préfère des éoliennes près de chez moi à des centrales polluantes, même loin de chez moi. Je déclare être favorable à l'introduction de plusieurs éoliennes dans mon paysage quotidien, dans le cadre d'un projet de qualité. C'est une ouverture vers un monde que je m'engage à soutenir.

Le présent Manifeste est à l'initiative de "Planète éolienne, la Fédération des associations locales de promotion de l'énergie éolienne".

Planète éolienne Les Dourels
31 850 MONDOUZIL

Possibilité de signer le manifeste sur : www.planete-eolienne.fr


ECHOS LOGIE - Des plantes bien protégées !

Non, il ne s'agit pas d'espèces en voie de disparition, mais de plantes " utiles ", celles que vous retrouvez dans votre assiette. Elles aussi ont besoin d'être protégées contre les méchants insectes, les maladies et les " mauvaises " herbes. Mais, Zorro est arrivé, tout de blanc vêtu avec un masque à gaz ; il s'appelle uipp!

UIPP !

Vous, l'avez sans doute rencontré en tournant les pages d'un magazine : c'est une femme aux fourneaux ou un homme, mixer de cuisine à la main (un homme cuisinant, ça fait plus branché, moins vieux jeu !). La page est signé uipp Union des Industries de la Protection des Plantes (lisez Union des Industries pour la Production des Pesticides !) et la femme (ou l'homme) nous interroge : " Et vous, que connaissez-vous des pesticides ? ". Lectrice, lecteur, de l'EssenCiele, je sens que vous avez une réponse bien sentie à cette question. Et bien, vous avez tout faux ! En fait, " on les connaît mal, et pourtant, les pesticides (ou produits phytosanitaires) contribuent à la production d'aliments sains et de récoltes régulières. Ils sont conçus pour protéger les plantes contre les maladies, les insectes nuisibles et les mauvaises herbes, dans le respect de la santé de l'homme et de son environnement ". Je sens que ce n'est pas la réponse que vous aviez sur le bout de la langue. Et la page se conclue sur le slogan " Des produits utiles, des entreprises responsables ".

Pas étonnant qu'un collectif d'associations qui oeuvrent dans le domaine du bio, de l'environnement, de la santé ou de la consommation se soit formé pour réagir à cette publicité. Une action juridique pour publicité mensongère est envisagée.
Vous trouverez l'argumentaire de l'iupp sur le site mis en place pour la campagne de publicité :
www.protectiondesrecoltes.fr
Et vous trouverez les commentaires contre cette campagne de pub sur :
www.collectif-acap.fr
www.objectifbio2007.com
Vous pouvez signer une pétition et envoyer des messages aux journaux qui diffusent cette publicité sur les sites :
http://perso.wanadoo.fr/francois.veillerette http://www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=47


Ils sont frais, mes pesticides !

Les gens de l'uipp (ci-dessus) devraient lire le dernier numéro de Que Choisir : on y parle justement de leurs produits. Le journal rappelle que " la famille des pesticides regroupe des molécules très diverses aux propriétés variables, mais toutes ont pour point commun d'être conçues pour tuer des êtres vivants, animaux ou végétaux (mauvaises herbes) " . Des études françaises sur les agriculteurs (plus directement exposés à ces produits ) montrent un risque sensiblement accru de maladie de Parkinson, une altération des performances aux tests neurocomportementaux ou une légère augmentation de certains types de cancer (prostate, tumeurs cérébrales, leucémies, lymphomes).

Un laboratoire de Roscoff tente de mettre au point une méthode permettant de tester la nocivité à long terme des produits chimiques. Il s'est aperçu, en étudiant le Roundup, désherbant très utilisé par les collectivités et réputé inoffensif, qu'il induisait des dysfonctionnements dans la division cellulaire et qu'il est donc potentiellement cancérogène. Or, le glyphosate, matière active de cet herbicide, n'a pas d'effet toxique. Ce sont les adjuvants, indispensables à son effet herbicide, qui lui permettent d'attaquer la cellule. Le problème, c'est que lors des études avant autorisation de mise sur le marché, seules les matières actives sont évaluées.

Rappelez-vous, il y a quelques mois, l'enquête autour de la mortalité des abeilles a permis de découvrir que le fipronil, une des molécules soupçonnées, était en vente depuis 8 ans sans autorisation de mise sur le marché. Des réseaux de distribution de pesticides interdits depuis plusieurs années, couvrant tout le territoire, ont également été mis à jour.
Autre exemple inquiétant : les agriculteurs panachent souvent plusieurs produits. Or on sait que les risques peuvent ainsi être multipliés : c'est l'effet cocktail. Chaque mélange utilisé devrait passer par la procédure d'autorisation de mise sur le marché ! Le ministère de l'Agriculture a réglé le problème : les professionnels ont été invités à déclarer les mélanges qu'ils utilisaient et des autorisations provisoires leur ont été délivrées sans qu'aucune étude de toxicité n'ait été faite.
Tout cela est inquiétant, et ce n'est pas les déclarations de Jean-François NARBONNE, professeur de toxicologie à l'université de Bordeaux qui vont nous rassurer. Des traces infimes de ces produits peuvent avoir des effets toxiques. On est revenu du dogme " c'est la dose qui fait le poison " car il n'est pas toujours vérifié : certaines molécules sont plus toxiques à faible dose. Les perturbateurs endocriniens, par exemple, peuvent agir à l'état de traces : les hormones se fixent sur des récepteurs pour déclencher un effet dans l'organisme ; les perturbateurs endocriniens (pesticides, plastifiants) peuvent également le faire et vont alors mimer l'action de l'hormone ou la bloquer.

La reproduction, le développement cérébral peuvent être altérés par des doses infinitésimales.
Le professeur NARBONNE estime que les DJA (doses journalières admissibles) fixées pour chaque molécule ne sont pas très fiables : le cas des fœtus exposés in utero n'est pas pris en compte, les interactions entre molécules non plus.
Encore moins rassurant, le fait de ne pas trouver de pesticides sur un produit veut peut-être simplement dire qu'ils sont présents à des doses inférieures au seuil de détection. Aujourd'hui, les doses de pesticides utilisées sont moindres, on retrouve donc moins de résidus mais ils sont souvent plus toxiques.
Pour mettre un peu d'ordre dans tout ça, un Plan de réduction des risques a été mis au point. S'il est appliqué, la procédure d'homologation des produits ne devrait plus dépendre uniquement du ministère de l'agriculture. Les contrôles devraient être renforcés. La formation des agriculteurs sur l'utilisation de ces produits devrait également être améliorée. Cela paraît nécessaire quand on constate que 1/3 des surfaces cultivées en blé tendre et 60% de celles en maïs sont désherbées systématiquement sans observation des parcelles ni prise en compte des conseils des organismes techniques.
Et si on veut se passer des produits phytosanitaires, il existe l'agriculture biologique. Toutes les pommes ou les salades bios testées par Que Choisir sont exemptes de résidus de pesticides.
(Que Choisir - n°424 - mars 2005)

A l'eau !

Un autre problème de l'agriculture, c'est qu'elle est gourmande en eau, plus que l'industrie et que les usages domestiques. Cela conduit à des projets pharaoniques : grands barrages, détournements de fleuves… avec les conséquences que l'on sait : assèchement de la mer d'Aral, Colorado ou Amou-Daria qui ne rejoignent qu'épisodiquement la mer…
Le Monde Diplomatique - n° 612 - mars 2005 consacre un dossier à l'eau des champs et surtout à l'eau des villes qui fait le bonheur de quelques grandes compagnies internationales. On y apprend aussi comment Pepsi et Coca assoiffent des villages indiens (Soif d'aujourd'hui qu'ils disaient !)



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