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N° : 111
- Déc 2004 - 11ème année.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication :
André ROUX.
Rédacteur en chef : Jean GETIN
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AGENDA
Éolien
Colloque national sur l'éolien les 9,10 et 11 décembre
à Caen " Nouvelle dynamique, nouveaux acteurs :
la France face aux enjeux de l'éolien".
Inscriptions auprès de l'Ademe à Paris : 01 47
65 23 73
Train
Débat sur le transport ferroviaire SNCF en Bretagne et
le service public, organisé par le Comité d'établissement
des cheminots de la SNCF.
Deux tables rondes " les opportunités d'un fret
pertinent en Bretagne " ; " un transport voyageur
au plus près des populations bretonnes ".
Jeudi 16 décembre matin, au Triangle à Rennes.
Inscriptions auprès du Comité d'établissement
: 02 99 85 79 97
ECHOS
LOGIE -
Pollution à tous les étages
Pollution de l'eau, de l'air, des aliments avec les OGM,
pollution visuelle avec les panneaux publicitaires. Et comme
si tout ça ne suffisait pas, il y en a même qui
se plaignent des capteurs solaires de leur voisin !
Pollution bretonne
La Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche
et de l'Environnement (DRIRE) vient de publier le " Panorama
de l'environnement industriel en Bretagne " pour l'année
2003.
84 inspecteurs en équivalent temps plein [avec les Directions
Départementales des Services Vétérinaires
(DDSV) et des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS)] sont
chargés des suivis administratifs, visites sur sites
et contrôles de 12 000 installations (industries et élevages).
700 établissements industriels sont plus particulièrement
suivis.
En ce qui concerne les rejets dans l'eau, 369 établissements
sont tenus de suivre leurs rejets (soit une hausse de 1%). 31,6
m3 d'eaux usées ont été rejetés
soit dans des stations d'épuration, soit dans le milieu
naturel. 68% des rejets proviennent de l'agroalimentaire et
19% des papeteries. Les rejets de matières organiques
sont en hausse : +13% pour les rejets " sortie usine ",
+10% pour les rejets après épuration (meilleure
épuration), +5% pour les rejets épandus.
Les rejets de métaux toxiques dans l'eau se sont stabilisés
après plusieurs années de fortes baisses.
En ce qui concerne la pollution de l'air, il y a peu de rejets
industriels (78 gros émetteurs). L'année 2003
a été marquée par un pic d'ozone en août,
du à l'automobile et aux conditions climatiques particulières.
Les rejets de COV, composés organiques volatils, sont
en augmentation de 27% bien que les 3 plus gros contributeurs
soient en baisse de 20%. Ceci est du au doublement du panel.
Les rejets de NOx (oxydes d'azote) sont à peu près
stables ; ils proviennent à 54% des Usines d'Incinération
des Ordures Ménagères (UIOM) (en baisse de 13%)
tandis que la part d'EDF est en hausse de 59% ainsi d'ailleurs
que pour les rejets de SO2. On constate une hausse de 29% des
rejets d'acide chlorhydrique (HCl) provenant principalement
des UIOM.
Les rejets dans l'air de dioxines et métaux lourds, principalement
dus aux UIOM, sont stables. De nouvelles normes plus contraignantes
entreront en vigueur le 31/12/2005. 10 unités sur 15
respectent déjà les valeurs de 2005 pour les dioxines
et toutes satisfont les valeurs pour les métaux lourds.
94 000 tonnes de déchets industriels dangereux ont été
produites en Bretagne en 2003 (hausse +2%) ; ce sont des résidus
d'incinération des ordures ménagères (REFIOM)
(29%), des huiles usagées (19%) et des solvants (5%).
A noter que l'élimination des déchets industriels
se fait en grande partie en dehors de la région.
La Bretagne compte 22 établissements SEVESO à
hauts risques et 15 établissements à risques,
auxquels il faut ajouter 53 silos de stockage de céréales
et 119 installations de réfrigération à
l'ammoniac.
Toutes ces données et beaucoup d'autres peuvent être
consultées sur le site internet de la DRIRE : www.bretagne.drire.gouv.fr
Dioxines
Sur le plan national, la lettre des déchets (n°8
- Octobre 2004) de France Nature Environnement rapporte les
chiffres donnés par le Centre Interprofessionnel Technique
d'Études de la Pollution Atmosphérique. Une baisse
des émissions de dioxines est constatée (en 2001,
baisse de 75% par rapport à 1995). En 2001 les principaux
émetteurs sont les UIOM (57% du total des émissions),
la combustion résiduelle du bois (20%), le brûlage
des câbles (9%), l'agglomération du minerai de
fer (8%), le reste étant produit par les aciéries
électriques, l'aluminium de seconde fusion, l'incinération
des boues de stations d'épuration, l'incinération
des déchets industriels et hospitaliers
France
Nature Environnement signale que la baisse est sans doute due
à la mise en conformité de nombres d'UIOM, mais
qu'il faut prendre ces chiffres avec précaution, compte
tenu du caractère ponctuel limité des analyses
faites sur les fumées d'incinération.
Site : http://www.fne.asso.fr/
Pollution visuelle
Suite à une action de l'association Paysages de France,
l'afficheur Clear Channel a été condamné
par la Cour d'appel de Rennes (confirmation de l'ordonnance
du juge des référés du 5/11/2003) à
démonter, sous astreinte, 23 panneaux publicitaires de
grand format placés, en violation du Code de l'environnement,
dans l'agglomération de Dinan, site inscrit de la Rance.
Site : http://paysagesdefrance.free.fr
Pollution alimentaire
Un message arrivé par e-mail nous apprend que Carrefour
commercialise une huile à un prix très compétitif.
Jusque là rien d'anormal. Mais quand on lit l'étiquette,
on voit la mention " contient de l'huile à partir
de soja génétiquement modifié " conformément
à la réglementation européenne pour les
produits contenant plus de 0,9% d'OGM.
Ce message est arrivé en même temps que la revue
Alternatives Internationales (Novembre 2004) avec un article
" Carrefour, la tactique de l'éthique ". Où
on apprend que Carrefour veut être " la référence
du commerce moderne en assumant ses responsabilités économiques,
environnementales, sociales ", partout où il exerce
son métier. Dans son rapport développement durable
consultable sur son site, il présente une liste de dispositions
pour améliorer ses pratiques : offre de produits bio
et équitables, recyclage et diminution de la production
d'emballages, charte pour le respect du droit du travail dans
tous les pays où le groupe est présent
En ce qui concerne les engagements envers les consommateurs
et les OGM, Arnaud Apoteker, chargé de campagne à
Greenpeace signale que " Carrefour est l'enseigne qui a
la politique la plus affirmée dans ce domaine. "
Si aujourd'hui en France la plupart des distributeurs, de fait,
ne commercialise pas sous leur marque des produits contenant
des OGM, Carrefour est le seul à revendiquer clairement
cette politique. " Les autres n'ont pas voulu prendre position
afin de se réserver la possibilité d'un retour
en arrière. ". Arnaud Apoteker regrette que Carrefour
comme d'autres, n'ait pas retiré de ses rayons la vingtaine
de produits étiquetés OGM mais il salue un engagement
qu'il est seul à avoir pris, toujours pour les produits
de sa marque : l'exclusion des OGM dans l'alimentation animale.
Sur le plan social, l'entreprise s'est aussi engagée
depuis 1998 dans un partenariat avec la Fédération
Internationale des droits de l'homme, au départ pour
éliminer le travail des enfants chez ses fournisseurs
puis pour reconnaître l'ensemble des droits définis
par l'Organisation Internationale du Travail.
Il n'en reste pas moins que les pratiques d'achat des distributeurs,
Carrefour y compris, tirent les prix vers le bas et exigent
des délais très courts pour ne pas avoir à
assumer les stocks. Et les investissements massifs de Carrefour
en Chine, pays où n'existe pas la liberté syndicale,
ne vont guère dans le sens du contrat moral de l'entreprise.
D'autre part, le développement actuel de Carrefour se
fait principalement dans le hard discount avec ses filiales
Ed ou Dia. Sur les 963 nouveaux magasins ouverts dans le monde
en 2003, 553 sont des hard discount. En France, il y a eu ouverture
de 19 supermarchés et 91 magasins hard discount ; en
Europe 13 hyper, 1 super et 191 magasins à bas prix.
Dans ces magasins, il n'y a pas que les prix qui soient tirés
par le bas, les conditions de travail aussi : le rapport développement
durable de carrefour révèle que les jours d'absence
dus à des accidents du travail sont trois fois plus nombreux
dans les filiales comme Ed ou Dia que dans les hyper et supermarchés.
En ce qui concerne l'information sur les OGM, nous sommes un
peu mieux lotis que les états d'Amérique centrale
d'après Alternatives Économiques (octobre 2004).
Au Salvador, des semences OGM sont introduites dans le pays
par fraude. Au Nicaragua elles sont introduites à l'insu
des paysans qui les sèment par le biais de l'aide alimentaire
américaine ou par les techniciens de Promesa, un projet
d'amélioration des semences soutenu par l'ambassade des
États-Unis. Les mouvements politiques ou civils qui s'opposent
à ces introductions pèsent peu devant les lobbies
et le pouvoir politique acquis aux firmes : le président
du Nicaragua a été représentant de Monsanto
dans son pays, l'ancien président du Salvador dirige
maintenant une entreprise qui vend des semences transgéniques.
Pour plus d'infos :
www.carrefour.com
www.alternatives-internationales.fr
www.alternatives-economiques.fr
Le sale air du capteur
Les sondages confirment que les énergies renouvelables
ont une bonne image dans le publique. Heureusement, car sur
le terrain, on pourrait en douter. Il y a déjà
les nombreuses associations qui germent dès qu'un projet
d'éoliennes est en vue. Elles ne sont pas belles, elles
font du bruit et sans doute causent plein de troubles à
la santé ! Venant de personnes qui pour la plupart ne
se sont jamais préoccupées de l'impact esthétique
des pylônes EDF et des effets sur la santé des
antennes relais pour les portables ça peut surprendre.
Et puis voilà que Ouest France du 30/11/04 nous apprend
que ce sont les capteurs solaires qui sont maintenant dans le
collimateur. Un habitant du Conquet a été condamné
à une amende et à déplacer ses panneaux
solaires. La raison ? Ils provoquaient une gêne intense
entre 17h15 et 18h30 (la période de l'année n'est
pas précisée) en réfléchissant trop
de lumière vers la chambre de son voisin (un couche tôt
sans doute pour séjourner dans sa chambre à cette
heure là !).
Les fenêtres de l'immeuble en face de chez moi réfléchissent
le soleil vers mes chambres en fin d'après midi. Jusque
là je n'avais jamais songé à m'en plaindre
trouvant plutôt agréable de pouvoir bénéficier
du coucher du soleil sur les deux faces de mon appartement.
Il va falloir que je demande aux voisins de fermer leurs volets
!
Et je pense à la situation du malheureux plaignant s'il
avait eu un voisin qui au lieu de se tourner vers les énergies
renouvelables s'était contenté d'installer des
fenêtres de toit (pour ne pas citer une marque qui est
passée dans le langage courant). Car alors que le capteur
solaire n'a pas pour vocation de réfléchir la
lumière mais plutôt de l'absorber, la fenêtre
de toit, elle, doit être assez réfléchissante
pour tenter d'éviter les surchauffes. Mais peut être
ne se serait-il pas plaint car les fenêtres de toit font
partie de la " normalité " alors que les capteurs
signalent une originalité proche de la déviance
!
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