Centre d'Information sur l'Energie et l'Environnement
energie environnement en Bretagne : ciele, centre d'information de rennes.

N° : 109 - Octobre 2004 - 11ème année.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication :
André ROUX.

Rédacteur en chef : Jean GETIN


 

AGENDA

Étape Énergie
Dans le prolongement de l'étape énergie de Rennes organisée par le Clé et le Ciele du 28 septembre au 3 octobre (voir Essenciele de septembre), le Clé organise à Rennes, le 8 octobre, une journée d'information des collectivités sur l'"ouverture des marchés de l'énergie : contrainte ou opportunité ? ". Au programme : présentation d'exemples de collectivités ayant déjà lancé des appels d'offre.
Inscriptions avant le 1er octobre auprès de Clé : 02 99 35 23 50

Jardins
Une journée d'information et d'échanges organisée par le Réseau Jardins dans tous ses états Bretagne, sur le thème des activités artistiques au jardin, aura lieu à Plouëgat Guerrand, le 9 octobre.
Inscriptions :
Vert le jardin, Brest - 02 98 46 06 92

Fête de la science
A l'occasion de la Fête de la science 2004, des instruments de physique anciens, datant d'avant 1900 (électromètre de Pierre Curie, lunettes astronomiques,…) seront exposés, à la Bibliothèque universitaire de Beaulieu.
La Bibliothèque présentera dans ce cadre, une sélection de livres d'histoire des sciences de ses collections. Cette exposition, ouverte à tous, sera accessible à la Bibliothèque de sciences du Service commun de documentation de l'Université de Rennes 1, Bâtiment 40, campus de Beaulieu, du lundi 11 au vendredi 15 octobre de 9h à 19h, le samedi 16 de 9h à 17h 30.
C'est la première fois que les physiciens rennais de l'Université de Rennes 1 sortent leurs "antiquités !

Intermodalité
Le 14ème congrès de la FNAUT (Fédération nationale des associations des usagers des transports) aura lieu à St Lô les 23 et 24 octobre. Au programme : approfondissement de la réflexion sur l'intermodalité, la politique de Réseau Ferré de France, l'action juridique de la Fnaut, …
Renseignements : FNAUT - Paris - 01 43 35 02 83

Du soleil sur le toit
Comment produire son électricité avec le soleil ? Nous avons sur le toit de notre maison, à Plévin (22), 16m² de panneaux solaires photovoltaïques. Le surplus de notre production est injecté dans le réseau EDF.
Tous les détails sur le site de François Gendre (adhérent Ciele): http://polycristal.free.fr


VU DU CIELE

Plan d'élimination des déchets : responsabilités des conseils généraux

Le chapitre V de la loi n°2004-809 du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales traite de la modification de l'élaboration des plans d'élimination des déchets (c'est le nouvel intitulé des PDEDMA) et précise que le projet de plan est élaboré à l'initiative et sous la responsabilité du président du Conseil général (en Île de France du président du conseil régional).
Les associations de consommateurs font désormais partie du groupe de travail (article 45).
Le projet du plan est soumis pour avis au représentant de l'État dans le département (dans la région pour l'Ile de France), au CDH et aux conseils généraux des départements limitrophes.
La responsabilité du plan est donc officielle pour les prochaines révisions. Affaire à suivre !


ECHOS LOGIE - Des années sans voiture ?

L'opération " journée sans voiture " semble s'essouffler. De gré ou de force, nous nous acheminons vers des années sans voiture quand le pétrole se fera rare.

La fin de l'or noir

Le pétrole représente 38% de la consommation mondiale d'énergie primaire et cette proportion ne devrait pas varier dans les 30 prochaines années. La demande globale en énergie augmentant, la consommation de pétrole va donc continuer d'augmenter. Les transports sont l'activité économique la plus pétrodépendante (à 90%). Mais l'agriculture, avec les machines agricoles mais aussi les engrais et herbicides,…est aussi grosse consommatrice.

En 2003, L'Agence Internationale de l'Énergie évaluait à 1,6% l'augmentation moyenne de la consommation de pétrole jusqu'à 2030. Mais, malgré une conjoncture défavorable, les prévisions d'augmentation sont de 3,2% pour 2004. La demande vient principalement des pays " émergents " qui ont la volonté de rattraper leur retard et dont le développement s'inspire du modèle occidental.

Alors, à ce rythme, jusqu'à quand aurons-nous du pétrole ? A cette question, depuis 40 ans, les experts répondent invariablement que les réserves sont évaluées à une quarantaine d'années. En effet, des réserves connues mais dont le coût d'exploitation était alors prohibitif deviennent économiquement rentables quand le prix du baril augmente et que les coûts d'exploitation baissent. Cependant les gisements s'épuisent et un géologue des États-Unis a donné son nom au pic d'Hubbert qui permet de prévoir l'optimum de la production mondiale avant sa décroissance inexorable. Des spécialistes, se basant sur les réserves du Proche Orient situent cet optimum vers 2010-2015.

Devant cet état de fait plusieurs comportements apparaissent :
- Celui, issu principalement du monde pétrolier, qui dit que suivant la loi de l'offre et de la demande, s'il y a demande, l'offre suivra ; les technologies d'extraction seront améliorées, des nouveaux gisements seront découverts, on exploitera les sables bitumeux, les gisements polaires,…. Leurs détracteurs parlent d' " économie de la terre plate " en référence à ceux qui niaient la rotondité de notre planète.
- Celui qui admet la fin du pétrole mais qui compte sur la technologie pour poursuivre la même consommation énergétique ; exemple, Jeremy Rifkin avec l'hydrogène remplaçant le pétrole.
- Celui qui admet l'existence du pic pétrolier confirmé par la régression des découvertes de nouveaux champs pétrolifères et par l'échec de nouveaux champs qui avaient été présentés comme des eldorados. Les gisements non conventionnels à l'exploitation chère et polluante ne pourront être exploités qu'à des horizons lointains. L'hydrogène pose aussi des problèmes de coût, de sécurité et de pollution qui ne pourront être résolus avant la fin du siècle. Il faut donc contrôler les cours du pétrole, réglementer les importations et les exportations, diminuer les consommations tout en étant solidaire des pays en voie de développement…

Pierre Radanne, ex-président de l'Ademe, voit plutôt l'avenir comme une alternance de pics de production et de " chocs pétroliers " ; le gaz naturel dont le pic d'exploitation est prévu vers 2020 et certains gisements non conventionnels pouvant soutenir la demande. Il devrait cependant y avoir une crise vers 2015 avec un prix du baril pouvant atteindre 50 dollars afin de remplacer les structures énergétiques en fin de vie.. Le charbon, dont les réserves mondiales sont importantes, pourrait faire son retour, mais il est très polluant et c'est lui qui émet le plus de CO2.

Un autre choc devrait avoir lieu vers 2050 avec l'épuisement des gisements du Golfe persique. Pour Benjamin Dessus, plus que la pénurie de la ressource, ce seront les dérèglements climatiques, à mesure qu'ils se feront sentir, qui rendront les pétroles " non grata ".

Bernard Laponche, qui fut conseiller du ministre Dominique Voynet, pense qu'il faut s'attaquer à la croissance de la consommation. ; si les pays indus-trialisés remplaçaient toutes les am-poules par des modèles basse consom-mation, équipaient tous les foyers en électroménager sobre, on pourrait éviter 500 grosses centrales au fioul. Ce qui permettrait de faire des économies, de gagner du temps sur l'arrivée de la pénurie du pétrole et de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Pour limiter le réchauffement planétaire à 2°C d'ici 2050, il faudrait diviser par 2 les émissions planétaires de CO2. Ce qui implique que les pays industrialisés divisent leurs émissions par 4 pour permettre aux pays du Sud de se développer. ; " Le facteur 4 " a donné naissance à plusieurs scénarios. L'association Négawatt propose de développer l'efficacité énergétique : isolation, amélioration des rendements, modification des comportements (ne plus laisser les lumières allumées), ne plus produire d'électricité ou de chaleur à partir du pétrole, développer les énergies renouvelables et écarter le nucléaire à partir de 2030. Dans le domaine des transports, le scénario Négawatt admet une augmentation de 35% des kilomètres parcourus mais la part des transports en commun doit doubler, les moteurs devenir sobres (4 l/100 km), les moteurs électriques assurant le tiers des km parcourus. Les vols court et moyen courrier sont remplacés par le train (rappelons qu'un vol Paris-New-York représente environ, par passager, la consommation annuelle d'une petite voiture).

Mais que se passera-t-il après 2050, quand le pétrole aura disparu ? Imprévisible disent certains. Les plus pessimistes prévoient des troubles et des guerres. Les moins bien lotis seront décimés par les famines tandis que les autres se barricaderont. Sans engrais et autres produits tirés du pétrole, les terres arables ne pourraient nourrir que 2 milliards d'habitants alors que nous devrions être 9 milliards en 2050 ! Pour ceux qui en réchapperont, c'est un retour à l'état médiéval qui est promis.
(Politis - n°812-814 -29/07/2004)


Tout pour l'auto

La FNAUT, dans son rapport de conjoncture, regrette la suppression des subventions de l'État pour la construction des TCSP (Transport en Commun en Site Propre) et la mise en œuvre des PDU (Plan des Déplacements Urbains). Les propositions du rapport Philip de faire payer les entreprises et les auto-mobilistes : extension du versement transport, taxation du stationnement privé dans les entreprises et les grandes surfaces commerciales, péage urbain,… vont dans le bon sens mais leur mise en ouvre sera difficile à cause de l'opposition de certains élus locaux.

L'État n'ayant pas tenu ses engagements, la situation de RFF (Réseau Ferré de France) s'est aggravée. La moitié du réseau (16 000 km) n'est plus entretenue et la SNCF est amenée à réduire la vitesse sur 800 km supplémentaire pour pouvoir respecter la sécurité dégradant ainsi l'attractivité du train pour les voyageurs. L'augmentation des péages pour les trains de grandes lignes et le fret, accordée par l'État à RFF, va aggraver la situation de la SNCF, rien n'étant fait pour assainir les conditions de concurrence avec la route et l'avion. L'augmentation des péages pour les TER va pénaliser les régions qui développent les services régionaux et périurbains, alors que les autoroutes restent gratuites en milieu urbain.

Dans une note à la DATAR à propos des Contrats de Plan, le Premier ministre préconisait " l'intangibilité des enveloppes destinées aux programmes routiers " mais par contre " la possibilité d'ajustement des enveloppes ferro-viaires " ce qui risque de conduire à la marginalisation du rail.

A défaut d'avoir privatiser les autoroutes, la création d'une agence intermodale de financement des grandes infrastructures de transport, alimentée en particulier par les futurs dividendes autoroutiers est une innovation significative. La relance des autoroutes et des grands contournements d'agglo-mérations, la réouverture totale du tunnel du Mont Blanc, l'ouverture du tunnel routier du Somport (alors qu'un tunnel ferroviaire inutilisé existe) vont encourager le transit routier du fret.

Certes, le prix du gazole automobile a un peu augmenté (800 millions par an qui seront attribués à RFF) et la TIPP flottante n'a pas été rétablie, mais le Plan Énergie et le Plan Climat ont soigneusement épargné le secteur des transports, responsable de 27% des émissions de CO2.


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