Centre d'Information sur l'Energie et l'Environnement
energie environnement en Bretagne : ciele, centre d'information de rennes.

N° : 101 - Janvier 2004 - 10ème année.
Bulletin d'information du CIELE
Directeur de publication :
André ROUX.

Rédacteur en chef : Jean GETIN


 


AGENDA

Vélo
La Ville de Rennes a aidé à la réalisation du court-métrage "Léon le Roi du Guidon" à travers des bourses CIJB (volet "Première Production Culturelle" et volet "Santé" et une subvention sur les lignes "Environnement").
Ce court-métrage retrace le trajet quotidien d'un cycliste, dans les rues de Rennes, avec ses joies et ses peines...
Il sera présenté par son auteur (Stéphane Roucou David) le lundi 12 janvier 2004 à 18H45 au TNB.
Entrée gratuite.

Manif (rappel)
Manifestation nationale (coordonnée par le Réseau Sortir du nucléaire) et à l'appel de plusieurs associations, organisations syndicales et politiques (cf. dernier EssenCiele) : "Contre de nouveaux réacteurs nucléaires, pour la maîtrise de l'énergie" samedi 17 janvier 2004 à Paris.
- Abandon de tout projet de construction de nouveaux réacteurs nucléaires
- Mise en oeuvre immédiate d'un plan ambitieux d'économies d¹énergie et de développement des énergies renouvelables
- Un véritable débat sur les choix énergétiques.
Un départ groupé de Rennes est prévu .
Contact de préférence par mail : chapellon@infonie.fr
sinon Didier Chapellon - 02 23 30 17 81

Justice
Un colloque se tiendra à l'École des Mines à Nantes le vendredi 30 janvier 2004 : "le juge administratif et l'environnement" à l'occasion du cinquantenaire des tribunaux administratifs. 4 tables rondes permettront de mieux connaître le rôle du juge administratif dans plusieurs domaines de contentieux : la loi "littoral", les analyses d'impact, les installations classées agricoles, les atteintes au domaine public.
Informations auprès de la Cour administrative d'appel de Nantes - 02 51 84 77 12.
http://www.caa-nantes.juradm.fr/caa/nantes/index.shtml
Journée gratuite sauf le repas.

Déchets
l'ADEME et le Ministère de l'Écologie et du Développement Durable organisent, les 10 et 11 février 2004 à Paris, Les Premières Rencontres Nationales sur la PRÉVENTION de la PRODUCTION des DÉCHETS.
Ces deux journées seront l'occasion :
- de présenter des actions déjà réalisées en France et en Europe par des industriels, des distributeurs, des collectivités locales, ainsi que les résultats obtenus,
- de permettre aux différents acteurs d'échanger leurs opinions sur les actions les plus efficaces à promouvoir et d'exprimer leurs engagements,
- de proposer une stratégie d'action à mettre en œuvre en étroite collaboration avec chacune des parties concernée, pour une prévention durable de la production des déchets.
Pour souligner l'importance que les pouvoirs publics accordent au thème traité, l'ouverture des journées sera assurée par Tokia SAIFI, et la clôture par Roseline BACHELOT-NARQUIN.
Ces premières rencontres nationales s'adressent à un très large public de décideurs publics et privés : entreprises de tous secteurs d'activités, collectivités locales et territoriales, administrations, associations de consommateurs et de protection de l'environnement...
Inscription : 100 €
Pour tout renseignement :
Véronique Benony/Evelyne Perreon-Delamette 02 41 20 42 51 / 42 30



ECHOS LOGIE - 100 suite

Dans ce numéro 101 nous continuons la rétrospective nostalgique entamée dans le numéro 100. Après les énergies et les déchets, voici le tour des pollutions.

Pollutions à tous les étages

Les diverses pollutions ont été évoquées dans un numéro de l'EssenCiele sur trois en moyenne, avec en tête, Bretagne oblige ! la pollution de l'eau. Dés le numéro 1, nous faisions état des taux de pesticides alarmants dans les rivières bretonnes. Dix ans après, la situation ne s'est guère améliorée, même si, en principe, les triazines qui ne doivent plus être commercialisées devraient disparaître à terme. Il reste toutes les autres familles de pesticides pratiquement aussi dangereux ; des campagnes d'informations ont été faites en direction des agriculteurs pour une utilisation " raisonnée " de ces produits. Les organismes (DDE, DDA, SNCF, services techniques des villes…) qui avaient tendance à utiliser les désherbants chimiques à outrance ont également été sensibilisés et des méthodes alternatives sont parfois utilisées. Les particuliers ont aussi la main lourde dans leur jardin, d'autant plus qu'il ne faut guère compter sur les conseils des vendeurs de ces produits dans les jardineries pour une utilisation moins agressive ou pour des solutions de remplacement ; la MCE (et le Ciele avec) s'est beaucoup investie ces dernières années pour informer ce public.

Sur le front des nitrates et des phosphates, les problèmes continuent et maintes plages bretonnes sont toujours recouvertes d'une épaisse couche d'algues dopées par ces éléments fertilisants. Les plans Bretagne Eau Pure se succèdent sans que les sommes englouties apportent l'amélioration espérée. Des solutions technologiques sont proposées (usines de traitement du lisier, de déphosphoration, …) en oubliant que la solution la plus simple et la moins chère est de réduire les pollutions à la source.

Si l'eau " propre " devient une denrée rare et chère chez nous, pourtant on continue de la gaspiller. Nous avons signalé au cours des numéros de l'EssenCiele diverses expériences : retraitement sommaire des eaux usées d'un immeuble afin de s'en servir pour alimenter les chasses d'eau, collecte et stockage des eaux de pluies dans des habitations particulières ou des immeubles collectifs dans le but de s'en servir pour les chasses d'eau, le lavage (mais pas le rinçage) du linge, le lavage des sols et des voitures, l'arrosage des pelouses… Ces opérations doivent obtenir l'aval des autorités sanitaires qui craignent que la présence de deux circuits de distribution ne provoque une pollution des eaux du réseau à cause des risques d'interconnexion accidentelles. En ce qui concerne la récupération de l'eau de pluie pour les jardins, le Ciele a participé à la campagne de mise à disposition de récupérateurs d'eau de pluie organisée par les communes de Rennes Métropole.

Pour beaucoup d'habitants des pays du Moyen-orient, d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine, l'eau potable est un bien inexistant : 2 milliards de personnes n'en disposent pas. C'est du à l'absence de traitement des eaux usées mais aussi à la rareté de la ressource qui laisse prévoir des conflits pour pouvoir accéder à certains fleuves (des tensions existent déjà au Moyen-Orient), conflits qui s'ajouteront à ceux destinés à mettre la main sur les dernières ressources en énergie fossiles.

Parmi les autres pollutions abordées au fil de ces 100 numéros de l'EssenCiele, on trouve les dioxines, la radioactivité, le radon, le bruit…Nous avions également signalé très tôt une des influences de la pollution (n°5 - mars 1995) la baisse de la quantité de spermatozoïdes dans le sperme humain : les études citées à l'époque faisaient état d'une baisse de 50% en 50 ans et un taux actuel de baisse de plus de 2% par an. Les causes en étaient mal connues : l'action des dioxines était évoquée. Depuis, on a constaté que les producteurs de fruits, entre autres, qui pulvérisent beaucoup de pesticides étaient plus particulièrement touchés.
Nous avions également abordé la pollution par l'amiante. Depuis, des réglementations ont été adoptées limitant sérieusement l'utilisation de ces fibres ; trop tard pour les nombreux travailleurs qui ont manipulé ces produits pendant des années.

OGM

Autres éléments polluants qui sont apparus au cours de ces années : les OGM, organismes génétiquement modifiés. Les premières cultures ont commencé en 1987 aux États-Unis. A partir de 1994 des tomates et du maïs modifiés génétiquement ont été commercialisés aux États-Unis puis au Japon et en Australie. En 1997, la culture d'un maïs modifié est autorisée en France. Le premier article sur le sujet dans votre EssenCiele apparaît en décembre 1996. Les dangers des OGM sont de plusieurs types : dangers pour la santé (on ne sait pas si les gènes insérés vont rester stables ou s'ils vont à la longue provoquer des mutations ; des allergies, des résistances aux antibiotiques sont possibles) ; dangers pour l'environnement (les gènes peuvent contaminer d'autres plantes de la même famille que celle où ils ont été implantés : des mauvaises herbes peuvent ainsi devenir résistantes aux herbicides) ; dangers pour la biodiversité (les plantes transgéniques pourraient supplanter les variétés traditionnelles qui se sont adaptées au fil des ans aux conditions locales).
(Science revue -n°14 - oct/nov 2003)

Devant le rejet des OGM par l'opinion publique, l'Europe adoptait un moratoire en 1999, en attendant qu'une réglementation sur l'étiquetage et la traçabilité de ces produits soit mise en place. Cette réglementation vient d'être publiée et le moratoire pourrait être levé, sauf que les opinions publiques y sont toujours opposées et que de grandes chaînes de distribution en Suisse et en Grande Bretagne ont fait savoir qu'on ne trouverait pas d'aliments transgéniques dans leurs rayons.
(Le Monde - 7/11/03)

Le fait qu'il n'y ait pas eu de majorité à Bruxelles chez les experts qui devaient autoriser la mise sur le marché d'un maïs doux transgénique, le Bt-11 rendu résistant à la pyrale et à un insecticide, est encourageant. C'est maintenant les ministres européens qui devront prendre une décision en mars.
(Ouest-France - 9/12/03)

Finalement les OGM mettent en évidence les problèmes liés aux pratiques agricoles : c'est un des points d'accord dans le débat entre deux agronomes (dans La Recherche - janvier 2004). " L'agrochimie imprime sa marque sur notre environnement de façon incontrôlée depuis au moins cinquante ans." On a abondamment utilisé ces herbicides sans se poser de questions parce qu'il sont très efficaces et peu coûteux "(…) " ils sont devenus inefficaces parce que leur utilisation répétée pendant cinquante ans a sélectionné des résistants dans toutes les familles botaniques, dont des plantes envahissantes."


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